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Carmelo Scarna : De la pelouse de foot aux parquets européens

 Maître d’ouvrage, architecte, bureau d’étude, CSPS, ouvrier, conducteur de travaux, maçon, électricien, peintre… Chacun a son métier, son rôle, sa place dans l’organisation. Mais pour réaliser une performance collective, la construction d’un bâtiment ou d’une route, ils doivent travailler ensemble, coordonner leurs efforts, à la poursuite du même objectif. Du sport individuel à l’œuvre collective… Ou du sport collectif à la performance individuelle. Tout est lié ! 
Le BTP et le sport étaient donc faits pour se rencontrer. 
Mais ce que l’on sait moins, c’est que des patrons du BTP peuvent être des champions ou des dirigeants de clubs sportifs. Portrait de Carmelo Scarna qui témoigne sur l’apport du sport à sa vie et son entreprise et les liens qu’il tisse entre ces univers. 

Par Florence Bariseau

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Carmelo Scarna jalonne sa vie au gré des rencontres. Hasard ou destin d’un gamin des quartiers devenu Président d’un des plus grands clubs européens de basket féminin.

Du chemin, il en a fait le gamin des quartiers qui chausse ses premiers crampons à l’âge de 11 ans, et pose son sac au club de foot d’Haubourdin. « Je tapais dans le ballon avec les jeunes du quartier. » Comme le football est un sport peu onéreux, ce digne fils d’entrepreneur italien entre dans les ordres du football, la seconde religion de son pays natal. L’ailier droit a des dispositions. Il joue très vite en division d’honneur à Wasquehal, puis à l’US Tourcoing et passe même des tests de sélections au LOSC. Il se rêve joueur professionnel mais, sur chantier dés 14 ans, happé par le développement de l’entreprise, il est contraint de limiter ses ambitions. Il rejoint néanmoins l’Iris Club lambersartois avec lequel il gagne la finale de la Coupe des Flandres. « Le football c’est comme sur les chantiers, il faut de l’envie, de l’obstination, de la niaque». La différence ? « Dans le sport de haut niveau, beaucoup d’appelés, peu d’élus, dans le bâtiment chacun peut trouver sa place et gravir les échelons ». Un exemple ? « Je viens de nommer un directeur travaux dans le groupe. Il a 39 ans, et a commencé comme conducteur à 26 ans ».

Un parcours jalonné de rencontres

Même s’il limite ses ambitions, Carmelo ne renonce pas à son sport de prédilection. A 30 ans, le président de l’époque vient le chercher pour jouer, manager, entrainer l’équipe première du club de sa jeunesse. Il y croise, pour la première fois, Carlos de Novo jeune conducteur chez Sogéa, devenu, plus tard, directeur régional de Vinci Construction et président du fameux club de volley de Tourcoing. Première engueulade, premier ciment d’une amitié forte et vraie. « Chaque samedi j’étais au bureau, Carlos passait et on refaisait le match de la vie, du sport, du bâtiment ».
Mais pourquoi le basket féminin ? Nous sommes en 2004 : Carmelo Scarna, sollicité par l’un de ses collaborateurs passionné de basket féminin, s’envole 4 jours pour Pécs en Hongrie pour un « final four » avec USVO (Union sportive Valenciennes Olympic). Il tombe sous le charme et rencontre Yannick Leborgne, manageur de l’ESBVA-LM (Entente Sportive Basket Villeneuve d’Ascq Lille Métropole). En 2006, celui-ci convainc Carmelo de prendre la présidence du club villeneuvois : « Je n’y connais rien au basket féminin, mais je ne serais jamais un président de tribune ». Le club rencontre alors des turbulences financières. Qu’à cela ne tienne, Carmelo Scarna applique les mêmes règles que dans l’entreprise « je m’entoure de compétences et mets tout le monde au boulot : organigramme, feuille de mission, management par objectif et gestion rigoureuse ». Et ça marche ! Le club se porte bien et a connu une saison magique avec la victoire historique en Eurocup en mars dernier.
Des pelouses d’Haubourdin aux plus grands parquets européens, la passion, l’amour du sport, la convivialité et les rencontres ont toujours fait courir et marquer Carmelo Scarna.

© Christophe Delrue
© Christophe Delrue