Chaudières chaufferie biomasse

Spécial Arras – La biomasse pour chauffer Arras

La communauté urbaine a confié à Dalkia sa future chaufferie biomasse, une première dans les Hauts-de-France. Une nouvelle pierre vers la TRI. Visite.

La cheminée fut l’un des éléments le plus complexe à intégrer.
La cheminée fut l’un des éléments le plus complexe à intégrer.

Sous ce bâtiment aux allures d‘ouvrage d’art, trois chaudières prêtes à produire 15,5 MW. Bienvenue sur le chantier de la future chaufferie biomasse de Communauté Urbaine d’Arras. A la baguette, Dalkia, qui exploite l’équipement pour le compte de la CUA dans le cadre d’une concession. Au terme d’un investissement de 14,2 millions d’euros, l’ambition est de réduire la facture énergétique et écologique. “Nous allons économiser 10 000 tonnes de CO2, soit 4 000 voitures”, se réjouit Marc Desramaut, Vice-président à la transition énergétique à la CUA.

Le bois pour combustible

La biomasse alimentera cette usine de 2 400 m2 de plancher. En d’autres termes, il s’agit de plaquettes de bois issue de forêts gérées durablement dans un périmètre de moins de 200 kilomètres autour de la chaufferie. La ressource naturelle sera stockée dans des silos d’une capacité de 1 500 m3. “De quoi tenir en autonomie 72h”, explique François Hennart, responsable travaux chez Dalkia. A l’aide de convoyeurs, le bois est alors acheminé dans trois chaudières (deux de 6 MW, une de 3,5 MW-photo), les fumées étant ensuite filtrées et les mâchefers traités par voie d’épandage. Le bois assurera alors plus de 50% des besoins du réseau.

Doubler le réseau

Dans le cadre du doublement du réseau de chaleur arrageois déjà existant – il passe de 10 à 20 kilomètres -, de nouveaux abonnés pourront dès décembre bénéficier de cette nouvelle source. Le siège et quelques bâtiments de la CUA, une partie des immeubles d’habitations du quartier de la Citadelle, le groupe scolaire Brisse Montesquieu à Dainville, la MSA, le lycée Carnot, le diocèse et quelques équipements de la ville d’Arras seront parmi les premiers distribués. Les travaux de raccordement ont eux débuté en juillet 2015. Ils ont consisté en la pose en tranchée ouverte de deux tuyaux calorifugés transportant de l’eau à environ 95C°.

Ouvrage d’art

Imaginer ce bâtiment ne fut pas une mince affaire pour Marc Varlet, architecte. Habitué à ce type de projet, il a notamment conçu la chaufferie de l’Alma à Roubaix ou encore celle de Sin-le Noble, il a fallu composé avec le souhait de dissimuler la cheminée et de respecter des normes en perpétuel changement. “Nous avons imaginé la cheminée comme un élément structurel”, décrypte le concepteur, qui avec ses haubans fait référence aux ouvrages d’art. Les façades en béton brut et lasuré seront adoucies par un travail d’aménagement paysager et une trame d’arbres. Premiers mégawatts attendus pour décembre.