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Spécial Arras – La métropole affiche ses ambitions

La Chronique du BTP braque son regard sur l’Arrageois. Mis en lumières ces dernières semaines avec l’implantation du LFB, le cœur des nouveaux Hauts-de-France joue depuis quelques années ses atouts dans la féroce concurrence territoriale et affiche ses ambitions. Économie, grands chantiers, Troisième Révolution Industrielle… Bienvenue dans un territoire qui se retrousse les manches.

 

© CUA
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D’ici une semaine, elle sera transfigurée. Avec ces milliers de festivaliers, la place d’Armes de la citadelle d’Arras accueillera une marée humaine venue applaudir le son pop-rock du Main Square. Avec le plus grand festival organisé au Nord de Paris, Arras s’est taillée une place de choix dans l’offre de spectacle estivale. Et l’exemple culturel est valable pour d’autres thématiques. Dopé par une situation géographique au cœur d’un noyau autoroutier européen et de la nouvelle grande région des Hauts-de-France, l’Arrageois compte bien jouer ses atouts. “La belle endormie”, comme on la surnommait jadis, phosphore désormais. La mutation engagée dans les années 90 porte ses fruits grâce à un effort constant. Célèbres places rénovées, beffroi élu monument préféré des français en 2015, sans compter le vaste chantier de la Citadelle. Le départ des militaires en 2008 alors installés dans le quartier imaginé par Vauban aurait pu être encore plus douloureux pour le tissu local.
Qu’à cela ne tienne ! La Communauté urbaine d’Arras et son président Philippe Rapeneau prennent en main ce bijou architectural pour créer un nouveau quartier (cf p.12).
Belles pierres, bonnes tables : l’Arrageois et son côté ville à la campagne séduit grâce à un cadre de vie agréable, tant l’urbain que l’amateur de tranquillité rurale.

Le développement économique : LA priorité

“Small is beautiful”, scande à l’envi Philippe Rapeneau. Une métropole petite certes, mais agile et réactive. L’une des philosophie de l’élu qui n’a pas peur d’afficher les ambitions de son territoire. Mais aussi ses réussites. La dernière en date tient en quelques lettres : LFB pour Laboratoire Français du fractionnement et des biotechnologies. 300 millions d’euros d’investissement, 500 emplois d’ici cinq ans, une usine vaisseau amiral mondial, un chantier sur quatre ans pour construire 4 bâtiments sur un site de 16 hectares dans la zone d’Actiparc. Le président de la République François Hollande est venu en personne poser la première pierre de cette filiale de l’Etat français. Dans cette usine du XXIè siècle, pièce maîtresse de sa stratégie à l’international, le LFB triplera sa capacité de production de médicaments dérivés du plasma. Pour décrocher ce dossier potentiellement implantable ailleurs en France, la Communauté urbaine a su faire la différence grâce à une méthode que nous détaille Philippe Rapeneau. “J’ai investi dans une dream team au développement économique. Nous faisons des efforts pour réduire nos délais d’instruction, pour anticiper et répondre aux attentes des investisseurs.” En novembre 2015, Orchestra, le spécialiste de la puériculture posait aussi la première pierre de sa future plateforme logistique. Soir 50 000 m2 extensibles à 120 000 m2 pour un investissement immobilier de l’ordre de 50 millions d’euros. D’ici 5 ans, ce sont cette fois pas moins de 700 emplois qui devraient être créés dans l’Arrageois. Le groupe originaire de l’Hérault dit lui aussi avoir retenu le site d’Actiparc “pour la qualité de ses infrastructures, l’accueil et les ressources humaines” adéquates.
Et les projets d’extension d’entreprises ne manquent pas. La boulangerie industrielle Vandemoortele vient par exemple d’inaugurer sa nouvelle ligne de production (25 millions d’euros) et prévoit encore de s’agrandir sur Actiparc. Au rayon agroalimentaire, l’un des secteurs structurants du territoire avec la logistique, le groupe belge Agrafresh a aussi choisi de s’implanter dans cette zone, située à proximité de ses sources d’approvisionnement en légumes frais. En 2014, Häagen-Dazs préférait réinvestir dans son usine de fabrication de Tilloy-les-Mofflaines plutôt qu’en Chine.
Au total en 2015, la CUA a travaillé sur 30 projets significatifs de créations ou d’extensions d’entreprises, soit 410 millions d’euros d’investissement avec le LFB promettant quelque 1 100 créations d’emplois à horizon 5 ans.
2016 s’annonce sur une tendance similaire avec d’ores et déjà 20 dossiers en cours représentant 350 emplois et pas moins de 30 millions d’euros d’investissement.
Mais pour tenir la cadence et maintenir le cap, la CUA doit désormais renouveler son offre foncière pour anticiper et répondre à de futures demandes.

Technip a décroché la maîtrise d’œuvre de la future usine du LFB qui doit entrer en production en 2020. © LFB/Philippe Jacob
Technip a décroché la maîtrise d’œuvre de la future usine du LFB qui doit entrer en production en 2020. © LFB/Philippe Jacob

Au cœur de la TRI

Cette vitalité économique se conjugue avec un engagement fort vers la transition énergétique. Philippe Rapeneau, élu en janvier vice-président au développement durable, à la troisième révolution industrielle (TRI) et à la transition énergétique de la région, a ancré l’Arrageois dans cette dynamique, lui qui souhaite converger vers l’indépendance énergétique. C’est ainsi qu’il a décroché les appels à projets “Territoire à énergie positive pour la croissance verte” (TEP-CV) ou encore celui de “Ville respirable”. Subvention pour l’achat d’un vélo électrique auprès d’un commerçant, navettes électriques, complexe aquatique chauffé via les calories des eaux grises (cf p.21), extension du réseau de chaleur et choix de la biomasse (cf p.20) ou encore étude énergétique sur l’ensemble du patrimoine de la CUA participent à cet objectif de développement durable.
Jeremy Rifkin, chantre de la Troisième Révolution Industrielle est venu présenter sa théorie aux acteurs économiques de l’Arrageois. Certains sont déjà embarqués dans le mouvement de longue date, à l’instar des sociétés Décima (cf p.24) et Roll Gom, entreprise de fabrication de roue en caoutchouc recyclé, porte-drapeaux de ce changement de modèle.

La culture, levier économique

Le territoire a aussi su ajouter et faire fructifier sa touche culturelle. L’on y fait volontiers escale pour admirer son patrimoine, ses lieux de mémoire de la Première Guerre Mondiale comme le Monument de la fraternisation ou les Carrières Wellington. Son partenariat avec le château de Versailles s’est révélé un véritable succès notamment lors de l’exposition Roulez carrosses tandis que le Casino, après deux ans de rénovation, offre une belle programmation. De même que le Arras Film Festival qui a su s’imposer comme le Main Square£. Décidément, Arras a tout d’une grande.