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Montée des eaux : Un avenir à reconstruire sur le littoral

La prise de conscience au sujet du littoral progresse au rythme d’un cheval au galop dans notre région : il faut protéger le trait de côte, et tout ce qui vit derrière lui, des atteintes de plus en plus cruelles de la mer. Des stratégies s’élaborent, non sans difficultés. La facture promet d’être lourde.

Par Bertrand Verfaillie

 

LE LITTORAL RÉGIONAL SUR LE QUI-VIVE

Les pelles et les seaux sont de sortie sur le littoral du Nord Pas de Calais. Pas les jeux de plage en l’occurrence, mais les engins et outils employés pour renforcer la défense contre les flots. La mer montera peut-être plus vite et plus fort que prévu, disent les experts mondiaux du climat dans leur dernier rapport. Mais la mer monte déjà ! Elle s’est élevée de 9 cm à Dunkerque en cinquante ans. Les marées sont donc plus hautes et plus longues, ce qui complique l’évacuation des eaux intérieures. Et les épisodes tempêtueux se multiplient. Le risque de tsunami ne semble pas menacer nos côtes mais celui d’une submersion, par l’effet conjugué de précipitations et d’un fort coefficient de marée, est bien réel.

Ces dernières années, l’Etat a effectué de grosses interventions sur des ouvrages qui lui appartenaient. La digue de Sangatte, longue de 2 400 mètres, a été reconstruite pour 22 M€. 355 000 tonnes de rochers, 5 300 m3 de béton et 4 800 pieux de bois ont été nécessaires. A Dunkerque, pour tenir la mer à bonne distance, 1,5 millions de m3 de sable ont été déposés au pied de la digue des Alliés (celle-là même qui céda en 1953, le quartier de Rosendaël étant alors noyé).

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Sur la nouvelle de digue de Malo, des
aménagements pour les promeneurs
servent aussi de rempart contre les flots.
crédit CUD

Depuis 2018, les communes et les intercommunalités sont en première ligne du combat. La loi leur a confié la responsabilité des équipements ; c’est la compétence Gemapi (Gestion des milieux aquatiques et préventions des inondations). «Nous avons réalisé un diagnostic fin de nos onze kilomètres de digues et perrés, et nous avons intégré dans nos calculs un risque de hausse du niveau des eaux de 60 cm à l’horizon 2100», expose Benjamin Dassonville, chef de projet à la communauté urbaine de Dunkerque. Dans la foulée, l’établissement s’est attelé à la rénovation – consolidation de la digue de Malo : les bancs et promontoires aménagés pour les promeneurs sont autant de murets destinés à dompter les vagues. Coût global : 12 M€.

Les parois du chenal de l’Aa, à Gravelines, devront aussi être réparées et rehaussées ; il y en a pour 6 M€ de travaux, qui attendent la conclusion d’un accord entre toutes les parties… D’autres expertises sont en cours de la frontière belge à la Somme. Elles sont pilotées par le pôle métropolitain de la Côte d’Opale (PMCO) ou directement par les intercommunalités. Les chantiers démarreront sans doute quand le cap des élections municipales aura été franchi… 

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En Belgique la lutte contre la montée des eaux s’active, à voir ici!