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Covanord : des vues sur les fenêtres

Covanord, c’est d’abord une tradition. La société holding rassemble trois entreprises spécialisées depuis trente ans dans la récupération de métaux, à La Chapelle d’Armentières, Saint-André et Denain. Mais d’une activité de traitement de déchets, peut aussi surgir l’innovation…

Suite à la loi de transition énergétique, la société Covanord a transformé ses sites en déchetteries professionnelles, capables de réceptionner et de réorienter une quinzaine de produits, dont les bois, gravats, ferrailles, reliefs de plâtre et de verre, issus de constructions ou de démolitions. Et elle a engagé une recherche sur les fenêtres en fin de vie, soutenue par l’ADEME. Avec le renfort de l’institut catholique des arts et métiers (ICAM), les techniciens maison ont conçu une chaîne de démontage automatisée : les encadrements en alu, bois ou PVC sont séparés du verre, selon les souhaits des clients qui rachèteront les différents composants. L’industrie verrière, notamment, est très demandeuse des résidus de vitres, dont la réutilisation revient moins cher que la fabrication à partir de silice.

Le process, unique en France, est au point mais Covanord n’a pas encore lancé sa chaîne. La raison ? Elle ne dispose pas aujourd’hui des 1 000 à 1 500 tonnes annuelles de fenêtres nécessaires à sa rentabilité. «Les acteurs du BTP ont tout intérêt à nous les confier, sur les plans réglementaire et environnemental, assure Olivier Wdowiak, directeur des projets chez Covanord. Ils y gagnent aussi en termes économiques car le prix que nous demandons pour les en débarrasser est moindre que le coût de mise en décharge». Le collecteur peut même se rendre sur les lieux de déconstruction pour évaluer le gisement, sachant que le poids des fenêtres posées sur un même bâtiment peut varier de 10 à 80 kilos. «Mais les changements de pratiques prennent du temps, note Olivier Wdowiak. Pour l’heure, beaucoup de déchets sont évacués en déchetteries publiques, ou sont mis en décharge et perdus. Si les pouvoirs publics et les acteurs du BTP veulent qu’un vrai recyclage de qualité s’impose, ils doivent s’en donner, ensemble, les moyens », conclut le représentant de Covanord.

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