La serre tropicale, dessinée par le cabinet Codelfy & associés, s’établira sur deux hectares. © Coldefy & associés

La serre tropicale, dessinée par le cabinet Codelfy & associés, s’établira sur deux hectares. © Coldefy & associés

Tropicalia : la Côte d’Opale, 26 °sous serre

La plus grande serre tropicale au monde pourrait bien pousser sur la zone d’activité du Champ de Gretz, à proximité de Berck-sur-Mer. Le projet, encore sous forme de chrysalide, présage déjà une réalisation originale avec des défis architecturaux et énergétiques à relever.

 

Trouvera-t-on dans les Hauts-de-France un lieu où le thermomètre grimpe jusqu’à 28°C quelque soit la saison ? Ce rêve pourrait devenir réalité sur le Champ Gretz. Une serre tropicale de 20 000 m2, baptisée Tropicalia, s’implanterait sur cette zone d’activité en friche de 70 hectares, lovée entre les communes de Rang-du-Fliers et Verton, à proximité de Berck-sur-Mer. Elle y accueillerait quatre familles d’animaux : papillons, colibris, caïmans… et trois catégories de végétaux dont près de 1000 orchidées. Des chiffres qui font battre les paupières et qui feraient de l’équipement la plus grande serre tropicale du monde. C’est en tout cas l’ambition de Cédric Guérin, vétérinaire de formation et l’initiateur de ce projet sur fonds privés qui souhaite proposer non pas un musée
mais une immersion aux visiteurs : «le monde tropical dans un écrin».

Une perle touristique pour la côte

L’installation se conjugue encore au conditionnel. Les prix sont en négociation avec l’aménageur. Territoires Soixante-Deux avec qui les porteurs de projet ont planifié une signature de compromis
de vente en juin. Bruno Cousein, le maire de Berck-sur-Mer et président de la communauté de communes des Deux Baies du Montreuillois est plutôt confiant : « Les plus gros obstacles sont passés ». Il ne boude pas son plaisir à l’idée d’accueillir un tel équipement sur son territoire. Outre sa serre, Tropicalia rassemblerait territoire à elle seule une boutique, un restaurant gastronomique, un bar, un hôtel de 80 chambres, un auditorium, une salle de conférence et un centre de recherche. L’équipe projet envisage même de développer des extensions sur leurs
futurs 15 hectares (sur les 70 existants). Elle espère attirer 500 000 visiteurs à l’année, soit l’équivalent d’un Nausicaa à Boulogne-sur-Mer. De belles retombées économiques enperspective.

Un dôme sans appui intermédiaire

Tropicalia a l’allure d’un coquillage cristallin. Une idée du cabinet d’architecture lillois Coldefy qui planchent déjà sur les études techniques. «Le bâtiment, de 190 mètres de long sur 150 mètres de large – deux terrains de foot – et de 32 mètres de haut, sera enchâssé dans le sol», détaille Thomas Coldefy, son dirigeant. Autour, un ensemble végétalisé comprendra un parking avoisinant 700 places, des allées plantées et des zones de pique-nique, pour happer le visiteur. « L’intérieur n’a rien à voir avec un bâtiment standard. Impossible d’utiliser une équerre », plaisante l’architecte qui a utilisé le BIM pour la conception. Le décor se composera de : reliefs, bassins, cascades… Il y aura même une plage de sable blanc, des cocotiers et une montagne de 25 mètres. La construction, estimée à 20 millions d’euros, promet quelques défis : « Aucun appui intermédiaire ne porte la structure. Après un travail sur les sols et les fondations, une structure métallique sera posée
sur la ceinture du bâtiment puis recouverte d’une double couche de bandes d’ETFE », poursuit Thomas Coldefy. Cette membrane synthétique minérale sous forme de coussins pressurisés (60 mètres de longueur sur 4 mètres de largeur) et séparée par une bande d’air assurera l’isolation. C’est aussi la clé du chauffage. « Tropicalia sera autonome en chauffage toute l’année jusqu’à -5°C », souligne Nicolas Fourcroix, membre de l’équipe projet. Face à ce géant, le projet de serre de 2000 m2 à Boulogne-sur-mer, lui aussi annoncé depuis peu, frémit. Va-t-il battre de l’aile ? Pour que Tropicalia opère sa mue, il lui faudra tout de même rassembler 50 millions d’euros. Début des travaux prévus en 2019 pour de premières explorations en 2021.

Une serre autonome en énergie Pour les initiateurs, Tropicalia devait s’intégrer à la Rev3. Mais comment chauffer un tel volume ? Les porteurs de projet, aidés de l’ingénierie de Dalkia, ont levé les yeux vers le dôme. Car il présente un avantage : celui de générer de la chaleur par effet de serre. A la différence des serres Gardens By The Bay à Singapour ou de Eden Project au Royaume-Uni, qui rejettent la chaleur générée, Tropicalia recyclera les calories de l’air contenues dans son « double-dôme » en ETFE. Une réserve importante que sait exploiter Terrao- therm, une start-up partenaire. Créée en 2013 et basée à Grande-Synthe, elle a mis au point un échangeur breveté Terrao Exchanger®. Son principe ? Mettre en contact l’air et l’eau pour créer des échanges thermiques. La température de l’eau suffit à réguler la température de l’air mais aussi son hygrométrie tout en captant les poussières. Dans le cas de la serre, l’air chaud captif entre les coussins avoisinera 70 à 90°C. De quoi couvrir les besoins en chaleur de la serre et même d’en donner aux voisins proches comme le centre hospitalier.
Une serre autonome en énergie
Pour les initiateurs, Tropicalia devait s’intégrer à la Rev3. Mais comment
chauffer un tel volume ? Les porteurs de projet, aidés de l’ingénierie de
Dalkia, ont levé les yeux vers le dôme. Car il présente un avantage : celui de générer de la chaleur par effet de serre. A la différence des serres Gardens By The Bay à Singapour ou de Eden Project au Royaume-Uni, qui rejettent la chaleur générée, Tropicalia recyclera les calories de l’air contenues dans son « double-dôme » en ETFE. Une réserve importante que sait exploiter Terrao-therm, une start-up partenaire. Créée en 2013 et basée à Grande-Synthe, elle a mis au point un échangeur breveté Terrao Exchanger®. Son principe ? Mettre en contact l’air et l’eau pour créer des échanges thermiques. La température de l’eau suffit à réguler la température de l’air mais aussi son hygrométrie tout en captant les poussières. Dans le cas de la serre, l’air chaud captif entre les coussins avoisinera 70 à 90°C. De quoi couvrir les besoins en chaleur de la serre et même d’en donner aux voisins proches comme le centre hospitalier.

En chiffres
20 000 m2
soit 2 hectares
35 mètres
de haut
26 à 28°C
toute l’année
50 millions
d’euros
(10 millions pour
les constructions)
100 emplois
directs et indirects

Les entreprises

• Coldefy
& Associés
Architectes
Urbanistes
• Dalkia – Groupe
EDF
• Projex Ingénierie
• Eurakom
• Charrier
Coordination
• Experial Conseil