Les jardins d’Artois, future résidence pour les séniors sera livrée en 2018. © Frédéric Grand

Les jardins d’Artois, future résidence pour les séniors sera livrée en 2018. © Frédéric Grand

Spécial Arras – Des logements en accession dans l’ancienne caserne Schramm

Bientôt la quille et le retour à la vie civile pour une grosse emprise militaire, au centre d’Arras.

Au total, plus de deux cents logements seront livrés entre cet été et l’automne 2017.
Au total, plus de deux cents logements seront livrés entre cet été et l’automne 2017.

«Pendant quinze ans, nous nous sommes demandés ce que deviendrait cette caserne désaffectée, qui couvre deux hectares en cœur de ville», se souvient Philippe Rapeneau, président de la communauté urbaine d’Arras. En 2010, l’Etat l’a vendue à la collectivité pour un euro symbolique, aux termes d’un contrat de redynamisation de site de défense, incluant la Citadelle de Vauban. Et Philippe Rapeneau a trouvé l’opérateur qui donnera une seconde vie à l’ex-caserne Schramm : Histoire et Patrimoine, filiale du groupe Cogedim spécialisée dans la transformation de monuments historiques.
Depuis le printemps 2015, le chantier est en cours, piloté par Rabot-Dutilleul. L’entreprise a pris les moyens de relever le défi d’une réhabilitation de bâtiments vétustes (datant du dix-huitième siècle) et à la conformation particulière. Ainsi pour travailler au mieux et au plus vite sur une «barre» de 145 mètres de long, Rabot-Dutilleul utilise un échafaudage mobile sur rail, couvert et intégrant escalier et ascenseur. Dans cet immeuble, dénommé «Saint-Aubert», 87 appartements sont en cours de réalisation. Pour qu’ils bénéficient d’un maximum de lumière, alors que les fenêtres existantes ne sont pas très nombreuses, les anciennes cages d’escalier ont été déplacées là où les façades sont aveugles.

Une rue de 300 mètres

Rabot-Dutilleul gère le chantier depuis 2015
Rabot-Dutilleul gère le chantier depuis 2015

Malgré leur savoir-faire, l’architecte Luc-Emmanuel Lombard (Cadence, Paris) et les entreprises n’ont pas échappé à quelques mauvaises surprises : dans un autre immeuble, dit des officiers, de nombreuses pierres et corniches, tous les planchers et même les charpentes, victimes de l’usure du temps, ont dû être remplacés. L’Architecte des Bâtiments de France, Catherine Madoni, a bien sûr suivi ces travaux de près. Elle a par exemple prescrit un mode traditionnel de pose des ardoises, découpées au sol et clouées une par une sur les voliges.
Au total, plus de deux cents logements (dont une résidence pour seniors d’une centaine d’appartements) seront livrés entre cet été et l’automne 2017. Ils sont déjà presque tous commercialisés, au prix de 3 850 €/m2. L’investissement d’Histoire et Patrimoine s’élève à 29 M€. L’ancienne caserne Schramm, encore entourée de hauts murs, sera également ouverte sur le centre-ville. Une rue nouvelle de 300 mètres traversera le site de part en part et un petit square public sera créé, au droit d’une percée dans l’enceinte, vers le cours de Verdun. La communauté urbaine consacre 1,6 M€ à ces aménagements.
L’Armée gardera quelques bureaux sur place. Et il reste à trouver une affectation pour un dernier élément bâti de la caserne, aussi dégradé que l’étaient les autres…

la fiche

• Façades : Léon Noël et Riche/Hache
• Couverture : Genty
• Menuiseries : Lavogez
• VRD : Thibaut TP et Witrant
• Réparation structure béton : STP
• Charpente : Battais
• Echafaudage : Réatub

La caserne Schramm, 300 ans d’histoire… Destinée à conforter la présence militaire à Arras, la caserne a été construite en 1700 et son mur d’enceinte en 1752. Par la suite, l’ensemble fut plus tard baptisé Schramm, du nom de deux généraux père et fils qui s’illustrèrent lors des campagnes de la Révolution française et de l’Empire. Le fils, Jean-Paul Adam, naquit à Arras le 1er décembre 1789. Et il n’a pas chômé durant sa carrière : caporal à 10 ans, lieutenant à 16 ans, capitaine à 21 et général de brigade à 24 ans ! Il fut également député et, en 1850, ministre de la guerre. En 2012, la Communauté Urbaine d’Arras a obtenu que la caserne Schramm soit protégée au titre des monuments historiques. Grâce à ce nouveau titre, de potentiels opérateurs immobiliers ont pu obtenir une défiscalisation facilitant leurs travaux respectueux du patrimoine. Au final, l’opération sera blanche pour la Communauté urbaine, la vente des bâtiments de la caserne couvrant les coûts d’aménagement du quartier.
La caserne Schramm, 300 ans d’histoire…
Destinée à conforter la présence militaire à Arras, la caserne a été construite en 1700 et son mur d’enceinte en 1752. Par la suite, l’ensemble fut plus tard baptisé Schramm, du nom de deux généraux père et fils qui s’illustrèrent lors des campagnes de la Révolution française et de l’Empire. Le fils, Jean-Paul Adam, naquit à Arras le 1er décembre 1789. Et il n’a pas chômé durant sa carrière : caporal à 10 ans, lieutenant à 16 ans, capitaine à 21 et général de brigade à 24 ans ! Il fut également député et, en 1850, ministre de la guerre. En 2012, la Communauté Urbaine d’Arras a obtenu que la caserne Schramm soit protégée au titre des monuments historiques. Grâce à ce nouveau titre, de potentiels opérateurs immobiliers ont pu obtenir une défiscalisation facilitant leurs travaux respectueux du patrimoine. Au final, l’opération sera blanche pour la Communauté urbaine, la vente des bâtiments de la caserne couvrant les coûts d’aménagement du quartier.