Les travaux de la première phase de réhabilitation ont permis au parc Barbieux de retrouver sa première jeunesse © Arnaud Loubry - ville de Roubaix

Les travaux de la première phase de réhabilitation ont permis au parc Barbieux de retrouver sa première jeunesse © Arnaud Loubry - ville de Roubaix

Roubaix : Le printemps du parc Barbieux suit son cours

Les engins de chantier s’activent sur la réfection des berges et des bassins
Les engins de chantier s’activent sur la réfection des berges et des bassins

Un tiers de fait ! Ceux qui aiment le parc roubaisien ont vu avec plaisir s’achever la première phase de sa rénovation.
Il reste deux ans de travaux…

Coucou, le revoilà, tout pimpant : le parc Barbieux, ou du moins son extrémité nord. Ce secteur du jardin roubaisien a été fermé au public pendant un an pour travaux, première phase d’une requalification complète du site. Vu de loin, en passant par une des avenues qui l’entourent, il semblait avoir gardé intact son look romantique, hérité du dix-neuvième siècle. Mais de près, les ravages du temps étaient visibles : berges des étangs en capilotade, allées défoncées, mobilier au bout du rouleau. Une alerte avait déjà été lancée il y a vingt ans. Mais il a fallu attendre 2014 pour que la Ville et la Métropole de Lille s’entendent sur le financement du chantier.
Sur un tiers du parc donc, les voies intérieures ont été recouvertes d’un enrobé à base de sable de Marquise. Le parking dit de la Laiterie a été reconfiguré et accueille une station de V’Lille. Des bancs dessinés par les services municipaux, et un petit kiosque-parasol, ont été installés. Les poubelles neuves ont toutes la même allure extérieure ; mais sous certaines, des réservoirs de 700 litres ont été enterrés et le service propreté contrôle leur remplissage à distance. Trois statues ont été restaurées par les compagnons du devoir, en sous-traitance de l’entreprise Freyssinet. Une grotte artificielle a été rejointoyée et certaines de ses pierres remplacées, comme celles des petites cascades attenantes.

Economies sur l’eau

Les plans d’eau ont fait l’objet des soins les plus attentifs. Ils ont été curés, après que 500 poissons ont été déplacés dans les étangs voisins. Les boues récupérées, mélangées à de la chaux, ont servi à l’étanchéification des fonds des bassins. Le matériau remplit également des tunages bois immergés qui stabilisent les berges des méandres et barrent la route aux rats musqués. Des plantes aquatiques recouvrent ces ouvrages. Le plus grand bassin est protégé par des palplanches habillées de bois. Un nouveau circuit fermé d’eau a été réalisé, à partir de la grotte, qui permettra une économie annuelle sur la ressource de l’ordre de 180 000 €.
Grégory Wanlin, adjoint au maire de Roubaix chargé de l’environnement, est satisfait de l’exécution de ces travaux. «Pour des entreprises locales, Barbieux, ça veut dire quelque chose. Je les ai senties fières d’intervenir ici». Les opérations lourdes n’ont pourtant pas été simples à mener, dans un site classé, placé sous la vigilance de l’architecte des bâtiments de France ; la magnifique végétation ne devait pas subir le moindre dommage ! Défi relevé et à poursuivre au cours de la deuxième phase qui s’ouvre pour un an : le chantier remédiera aux mêmes phénomènes «d’usure» du lieu. La partie sud devrait être traitée en 2017. «La rénovation de ce parc emblématique est bien lancée et sauf cataclysme budgétaire, elle ira à son terme», assure Grégory Wanlin.

 

Plusieurs vies Le «beau jardin» de Roubaix a été réalisé entre 1878 et 1903, sur un plan de l’architecte Barillet-Deschamps. Il s’inscrit dans une conception fantasmée de la nature, qu’on retrouve aux Buttes-Chaumonts à Paris et au jardin Vauban de Lille. Il occupe un creux de terrain résultant d’une tentative de percement d’un canal, d’où ses vallonnements. Parc-témoin de la splendeur de la bourgeoisie locale, il est aujourd’hui fréquenté par des publics divers. «Entre les joggers, les retraités, les étudiants, les familles, l’endroit connaît plusieurs vies dans la journée, indique François Rousseau, directeur du BET Osmose, maître d’oeuvre du projet. De grands espaces verts comme celui-ci ont aussi une fonction-relais pour la faune et la flore urbaines et une grande importance dans la lutte conte le changement climatique».  Osmose, comme la Ville de Roubaix, maître d’ouvrage, ont abordé avec respect ce site méticuleusement conçu il y a plus d’un siècle. Ainsi le tracé originel de certaines allées a été rétabli. «Mais nous ne voulions pas d’un parc-musée», déclare l’élu Grégory Wanlin. D’où la pose de matériaux modernes sur les voiries (là où l’ABF aurait préféré du gravier) ou la transformation d’une antique «pataugeoire» en une aire de jeux contemporaine...
Plusieurs vies
Le «beau jardin» de Roubaix a été réalisé entre 1878 et 1903, sur un plan de l’architecte Barillet-Deschamps. Il s’inscrit dans une conception fantasmée de la nature, qu’on retrouve aux Buttes-Chaumonts à Paris et au jardin Vauban de Lille. Il occupe un creux de terrain résultant d’une tentative de percement d’un canal, d’où ses vallonnements.
Parc-témoin de la splendeur de la bourgeoisie locale, il est aujourd’hui fréquenté par des publics divers. «Entre les joggers, les retraités, les étudiants, les familles, l’endroit connaît plusieurs vies dans la journée, indique François Rousseau, directeur du BET Osmose, maître d’oeuvre du projet. De grands espaces verts comme celui-ci ont aussi une fonction-relais pour la faune et la flore urbaines et une grande importance dans la lutte conte le changement climatique».
Osmose, comme la Ville de Roubaix, maître d’ouvrage, ont abordé avec respect ce site méticuleusement conçu il y a plus d’un siècle. Ainsi le tracé originel de certaines allées a été rétabli. «Mais nous ne voulions pas d’un parc-musée», déclare l’élu Grégory Wanlin. D’où la pose de matériaux modernes sur les voiries (là où l’ABF aurait préféré du gravier) ou la transformation d’une antique «pataugeoire» en une aire de jeux contemporaine…

 

LA FICHE

Rénovation du parc Barbieux (26 ha étirés sur 1,6 km, dont 2,4 ha de plans d’eau)

Coordination : Cosmos, Roubaix. Voiries : Jean Lefevre, Lille. Hydraulique : Lebleu, Steenwerck. Travaux paysagers : France environnement, Avelin.

Le coût de l’opération, étalée sur trois ans, est de 10 M€. La Ville en couvre la moitié. La MEL apporte 951 000 €. L’Europe, l’Agence de l’eau et le sénateur Vandierendonck (réserve parlementaire) sont aussi au rendez-vous.