Ici, le passage de l’Internationale, entrée du quartier, est connecté par l’ensemble des transports en commun. La réflexion est aussi ouverte vers des alternatives comme le téléphérique, idée portée par Pierre de Saintignon, premier adjoint lillois. © Sébastien Jarry

Ici, le passage de l’Internationale, entrée du quartier, est connecté par l’ensemble des transports en commun. La réflexion est aussi ouverte vers des alternatives comme le téléphérique, idée portée par Pierre de Saintignon, premier adjoint lillois. © Sébastien Jarry

Logements, espaces publics, gastronomie : Fives Cail phosphore, la mutation prend forme

Tantôt face à notre histoire industrielle, tantôt face à un décor de cinéma. La traversée des majestueuses halles du site Fives Cail Babcock ne peut laisser indifférent le visiteur. Dans ce lieu chargé d’histoire se joue l’un des projets de reconversion urbaine les plus importants de France. Le point sur le devenir de ces 17 hectares au cœur de Lille.

Plan masse : en couleur la première phase qui doit s’achever en 2020.
Plan masse : en couleur la première phase qui doit s’achever en 2020.

La dynamique enclenchée va s’accélérer cette année. Les 700 élèves du lycée hôtelier international sont les premiers habitants du quartier Fives Cail version XXIè siècle. Depuis septembre 2016, ils jouissent de la première vague de reconversion des halles historiques mais aussi d’un tout nouveau gymnase et d’un internat. Boulangerie, fleuriste et restaurant école complètent l’équipement, pour le plus grand plaisir des riverains qui peuvent désormais venir du métro Marbrerie via une nouvelle rue. Les boutiques estudiantines sont accessibles par le passage de l’Internationale. Ou comment transformer une halle en grand rue couverte, véritable épine dorsale du projet.

Cap sur le logement

Si 2016 fut marquée par l’ouverture du LHIL, 2017 sera l’année du démarrage des programmes de logements. Lauréat, le groupement Nacara/Nexity devrait se voir octroyer son permis de construire d’ici peu. A la clé, 313 logements, les premiers de ce futur écoquartier. Leur livraison est prévue fin 2018-mi 2019. Les différentes catégories seront représentées pour assurer la mixité sociale. Ainsi, Partenord et LMH se partagent 44 logements locatifs sociaux, Partenord interviendra sur le programme PSLA (40 logements), LMH se lancera sur une opération de 20 logements en habitat participatif tandis que SNI aura 41 logements intermédiaires.

Espaces publics remodelés

Un marché à 8 millions d’euros. 2017 verra par ailleurs une partie des 13 hectares d’espaces publics remodelée. L’attribution est attendue en mars pour un démarrage des travaux cet été. Pour préserver le cachet du site, les rails seront conservés, les pavés sacralisés. L’eau sera au cœur des espaces publics grâce à des goulottes en suspension. Pour cela, une imposante cuve de récupération d’eau va prochainement entrer en service. Il s’agit de LA pièce maîtresse du système d’irrigation du jardin d’eau. Le végétal aura évidemment toute sa place notamment dans les trois immenses cours du site. Djamel Klouche, architecte-urbaniste de l’agence AUC en charge de la maîtrise d’oeuvre urbaine aime les comparer aux Ramblas de Barcelone.

Pour aménager ces halles, des ateliers riverains sont organisés sur quatre thématiques (Espaces publics, Qualité de l’habitat, Animation et Mémoire et le patrimoine).
Pour aménager ces halles, des ateliers riverains sont organisés sur quatre thématiques (Espaces publics, Qualité de l’habitat, Animation et Mémoire et le patrimoine).

Ramblas gourmandes

Pour penser ce quartier porté politiquement par la MEL et la ville de Lille, techniquement par la Soreli, quatre thématiques ont émergé. Manger, Produire, Bouger, Se cultiver. La première se concrétisera par la création d’une halle gourmande de l’autre côté du passage de l’Internationale et du lycée hôtelier. Ici on pourra se retrouver autour d’un food court, un espace de restauration de 300 places entouré d’une vingtaine d’échoppes, et là se fournir en légumes frais cultivés sur place dans la ferme urbaine. C’est le volet “produire”. Le projet Tast’In Fives qui propose de regrouper des activités et services liés à l’agriculture, à la production alimentaire et à la restauration en est le parfait exemple. Il s’est vu allouer la coquette somme de 5 millions d’euros par l’Union Européenne et prendra plus concrètement la forme d’une cuisine commune ouverte à tous. Autour de la table, dix partenaires locaux des plus éclectiques, du Secours Populaire au CNRS en passant par Les Rencontres Audiovisuelles. Des opérations sportives et culturelles – on évoque un cinéma et une salle d’escalade – devraient voir le jour sous les anciennes halles industrielles et leur fabuleux potentiel. Plus qu’un projet lillois, Fives Cail doit surtout devenir un lieu de destination à l’échelle de la Métropole Européenne de Lille.

Tiers-Lieu…

On n’y travaille pas, on n’y habite pas non plus. Bienvenue dans le tiers-lieu. A quelques mètres de la cuve, un bâtiment éco-construit viendra s’intégrer sous la halle. Ici, on trouvera des services marchands et non marchands, un commerce type coopérative, des salles de réunion, un bar-resto, des bureaux. En somme, un lieu hybride porté par et pour les habitants suivants les principes de l’économie sociale et solidaire.

…. et espaces capables

Prenez une halle de 35 mètres de hauteur à nul autre pareil et permettez vous toutes les projections possibles. Voici un “espace capable” comme le définit Djamel Klouche. C’est le cas de la halle Saint-Louis. Quid de cette formidable réserve foncière construite spécialement pour la création du tunnelier du tunnel sous la Manche ? Le champ des possibles est ouvert mais il ne devrait se concrétiser qu’à partir de 2020, date de la deuxième phase de la reconversion du quartier.