Le robot se compose d’une tête aspirante qui dépose les enduits et peintures par projection d’eau à ultra haute pression, de 2 500 à 3 000 bars. © Cabre

Le robot se compose d’une tête aspirante qui dépose les enduits et peintures par projection d’eau à ultra haute pression, de 2 500 à 3 000 bars. © Cabre

Hénin-Beaumont : SIA Habitat et Cabre innovent dans le désamiantage

Une PME du Pas-de-Calais s’est dotée d’un matériel de pointe pour mieux combattre l’amiante. SIA Habitat lui a fourni un premier champ de manœuvre dans le bassin minier.

Patrick Lhoest, directeur général de Cabre aux côtés de son responsable du secteur désamiantage, Frédérick Joly.
Patrick Lhoest, directeur général de Cabre aux côtés de son responsable du secteur désamiantage, Frédérick Joly.

A la résidence Maréchal Leclerc d’Hénin-Beaumont, gérée par SIA Habitat, c’est un robot qui désamiante ! La machine est employée par l’entreprise Cabre (Courrières) dans le cadre de la réhabilitation de cet ensemble de 117 logements sociaux. « Nous cherchons toujours à améliorer la productivité et à diminuer la pénibilité de cette tâche particulière, expose Patrick Lhoest, directeur général de Cabre. Lors d’une édition du salon Bâtimat, notre attention a été attirée par un prototype combinant décapage, aspiration et traitement des déchets ». Le temps que l’entreprise Socofren, filiale de Kärcher, finalise le modèle et Cabre en a acheté un, pour un montant « compris entre 500 000 euros et un million d’euros », selon la formule de Patrick Lhoest. A ce jour, il n’y a que quatre machines de ce type en France.
Le chantier d’Hénin-Beaumont était une bonne occasion de tester la nouvelle acquisition : les huit bâtiments, inaugurés en 1983, contenaient de l’amiante des sols aux plafonds, en passant par les enduits et doublages plâtre des murs. Les premiers pas du robot n’ont pas été sans trébuchements; il a fallu trouver les bons réglages et éprouver la solidité de certaines pièces. Mais il tourne aujourd’hui, à la cadence de quatre ou cinq jours de travail par appartement.

Moins pénible et plus rapide

Frédérick Joly, responsable du secteur désamiantage chez Cabre, explique le fonctionnement de l’appareil : « Il se compose d’une tête aspirante qui dépose les enduits et peintures par projection d’eau à ultra haute pression, de 2 500 à 3 000 bars. Le mélange d’eau et d’amiante résultant de l’opération est pompé par une unité de traitement qui se trouve hors du chantier, et pressé sous forme de galettes, qui sont emballées ensuite dans des sacs plastique ». L’homme reste présent dans le processus : en l’occurrence, quatre opérateurs et un encadrant de Cabre, formés à l’utilisation de la machine. Leur travail se trouve néanmoins facilité par rapport au maniement de lourdes ponceuses, au sol ou en hauteur. De plus, les émissions de poussières sont extrêmement réduites. Si les ouvriers doivent garder leurs équipements de protection, les logements à décaper ne doivent plus être entièrement confinés, ce qui représente un gain de temps substantiel. Frédérick Joly pointe aussi la qualité de l’eau rejetée après usage, épurée par une quinzaine de filtres allant jusqu’à un micron, et la réduction en volume des résidus solides. Pas plus que les poussières toutefois, les galettes d’amiante ne peuvent être recyclées ; elles sont stockées ad vitam aeternam dans des décharges adaptées…
S’agissant de ce maudit matériau en tout cas, SIA Habitat prend ses responsabilités. Les trois quarts de ses 44 000 maisons et appartements datent d’avant 1980 et contiennent donc potentiellement de l’amiante. 12 000 d’entre eux ont déjà fait l’objet de diagnostics. Dans sa résidence d’Hénin-Beaumont, le bailleur a décidé de remplacer tous les revêtements et peintures contenant des fibres (ce qui laissera le champ libre à l’installation de conduits de chauffage central au gaz) ainsi que les ardoises des toitures, également amiantées. « Le travail confié à la société Cabre illustre notre volonté d’innovation technique et sociale », indique Frédéric Talik, directeur général adjoint de SIA.

Une réhabilitation à  5,6 millions d’euros Le programme de réhabilitation de SIA à Hénin-Beaumont (10 230 m2 SHON) a débuté en janvier dernier et sera bouclé début 2019. Son montant est de 5,6 millions d’euros. Outre le désamiantage, il comprend la réfection des complexes d’étanchéité et bardages, le remplacement des fenêtres, le changement de système de chauffage et l’embellissement des logements. Deux bâtiments sur huit tendront vers le niveau thermique BBC ; les autres passeront d’étiquettes E ou F à des étiquettes C.
Une réhabilitation à 5,6 millions d’euros
Le programme de réhabilitation de SIA à Hénin-Beaumont (10 230 m2 SHON) a débuté en janvier dernier et sera bouclé début 2019. Son montant est de 5,6 millions d’euros. Outre le désamiantage, il comprend la réfection des complexes d’étanchéité et bardages, le remplacement des fenêtres, le changement de système de chauffage et l’embellissement des logements. Deux bâtiments sur huit tendront vers le niveau thermique BBC ; les autres passeront d’étiquettes E ou F à des étiquettes C.

 

La Fiche

La société Cabre a fêté son soixantième anniversaire en 2016. Entreprise de peinture à l’origine, elle a étendu son domaine aux travaux d’isolation et de façade. Elle fait aussi dans la décoration intérieure et a mis sa patte sur les locaux de la Région Hauts-de-France, du Louvre-Lens ou du stade Bollaert. La moitié de son activité actuelle consiste en propositions globales d’intervention, en tous corps d’Etat, incluant éventuellement du désamiantage et comme pour SIA Habitat, une mission de dialogue social avec les locataires. Cabre emploie 300 salariés et réalise 45 millions d’euros de chiffre d’affaires.