L’usine Motte-Cordonnier avec son beffroi de 35 mètres qui domine la Lys. (c) DronArt

L’usine Motte-Cordonnier avec son beffroi de 35 mètres qui domine la Lys. (c) DronArt

Grand projet : Armentières attend son Euraloisirs

Plan masse du site
Plan masse du site

La brasserie armentiéroise Motte-Cordonnier pourrait devenir, d’ici 2018, un vaste pôle dédié au sport et à la détente. Les propriétaires de cet ancien temple nordiste de la bière escomptent accueillir chaque année 500 000 consommateurs de loisirs sans modération.

Quand tout n’est pas sûr à 100%, il y a des chiffres qui invitent à l’optimisme. Neuf millions d’euros ! C’est la somme déjà investie par les Belges, propriétaires du site Motte-Cordonnier pour ne pas laisser l’ancienne brasserie à l’abandon. Acquéreur en 2011 de l’usine pour 5,6 millions d’euros, le groupe financier Vega 1965 en a dépensé presque autant pour élaborer les études préliminaires d’un projet qui se veut géant : transformer cette friche de 12 hectares en un temple des loisirs susceptible d’attirer un demi-million de personnes par an. Des clients originaires de la métropole lilloise, mais aussi du Dunkerquois et de la frontière flamande. Vega 1965 compte notamment sur les 130 000 visiteurs annuels des Prés du Hem, situés à 500 m du site. 

Outre l’argent investi, un autre gage de sérieux concerne le profil des investisseurs. Les Belges n’en sont pas à leur coup d’essai. En Hollande, la société est déjà à l’origine de trois complexes baptisés « Leisure Dome » semblables à celui imaginé à Armentières. Le plus connu est situé à Kerkrade, près de Maastricht. Avec un seul mot d’ordre : garder le client le plus longtemps possible sur place ! Restaurants, garderies, animations sportives, shopping, cinéma, bowling, boîte de nuit… Tout est conçu pour passer une journée entière de détente, en famille, de 7 à 77 ans.

Des commerces, des logements… et des terrains de jeux

Concrètement, en quoi consisterait le chantier dont la mairie espère qu’il débutera en fin d’année.
Les monuments les plus connus, la brasserie (2600 m2) et la malterie (3800 m2) seront transformés en lofts de grand standing, en salles de réception, et en hôtellerie. Avec deux atouts uniques: les étincelantes cuves en cuivre pour décor et un panorama sur les monts des Flandres du haut de ce beffroi industriel (voir encadré).
Mais ces deux monuments – inscrits aux monuments historiques – ne représentent que 10 % du site.
Plus de la moitié des 12 hectares sera consacrée au pôle loisirs en tant que tel : des commerces, un pôle restauration, un parking de 600 places et des surfaces sportives. Ces dernières prendront place sous les immenses hangars qui servaient autrefois d’entrepôts logistiques : terrains de futsal ou de volley, halle de fitness, bowling… Une reconversion facilitée par le dégagement des espaces, les piliers supportant la toiture étant très espacés les uns des autres.
Quant au reste du site (environ un tiers de la surface), il accueillera des logements neufs. Trois îlots de 4 800, 5 000 et 12 200 m2 en lien avec l’écoquartier adjacent. Un projet piloté par ADIM Nord Picardie. Pour obtenir l’argent frais nécessaire à la poursuite du projet, Vega 1965 compte bien lancer une première tranche de 70 logements en même temps que les travaux de réhabilitation du site.3 Fi 1203

Travaux d’accessibilité

Le projet nécessite désormais la modification du PLU. Menée par la MEL mi-2016, elle vise à requalifier la zone actuellement classée UF (zone activité industrielle) en espace dédié à l’activité économique et au logement. Vice-président au logement et à l’habitat de la MEL, le maire d’Armentières, Bernard Haesebroeck se veut optimiste quant à la réussite d’un projet qui valorise les trames verte et bleue qui longent la Lys. Et qui influe directement sur l’aménagement du quartier Salengro tout proche en le reliant au centre, via de nouvelles lignes de bus. Bernard Haesebroeck compte sur la bienveillance de Damien Castelain, président de la MEL, qui aurait fait de ce projet une priorité de son mandat. D’autant que l’accompagnement public sera de faible ampleur, se limitant à un peu de voirie et de stationnement extérieur. Le pont de liaison Nieppes-Armentières a été inauguré l’année dernière. Quant à l’échangeur autoroutier sur l’A25 à hauteur d’Armentières – qui faciliterait l’accès au site – le projet est en revanche au point mort. Faute d’argent public. Les élus du territoire espèrent que le nouvel exécutif régional sera sensible à leurs arguments… qui auraient plus de portée avec un Euraloisirs déjà en travaux.

Le château à l’étoile rouge Reconstruite en 1922 par l’architecte de la reconstruction Georges Forrest (1881-1932), l’usine Motte-Cordonnier est l’un des plus beaux châteaux industriels de la région. Au bord de la Lys, son beffroi de 35 mètres arborant l’étoile rouge – célèbre emblème de la brasserie - est inscrit aux monuments historiques depuis 1999. Tombé en 1989 dans le giron du géant de la bière Interbrew (devenu In ‘bev), l’usine se spécialise alors dans l’embouteillage... jusqu’à sa fermeture en 2011. Après avoir racheté le site pour 5,6 millions d’euros dans le but de le vendre à la découpe, le groupe financier belge Vega 1965 envisage aujourd’hui une deuxième vie de château pour Motte-Cordonnier.
Le château à l’étoile rouge
Reconstruite en 1922 par l’architecte de la reconstruction Georges Forrest (1881-1932), l’usine Motte-Cordonnier est l’un des plus beaux châteaux industriels de la région. Au bord de la Lys, son beffroi de 35 mètres arborant l’étoile rouge – célèbre emblème de la brasserie – est inscrit aux monuments historiques depuis 1999. Tombé en 1989 dans le giron du géant de la bière Interbrew (devenu In ‘bev), l’usine se spécialise alors dans l’embouteillage… jusqu’à sa fermeture en 2011. Après avoir racheté le site pour 5,6 millions d’euros dans le but de le vendre à la découpe, le groupe financier belge Vega 1965 envisage aujourd’hui une deuxième vie de château pour Motte-Cordonnier.
La fiche
Maîtrises d’ouvrage publiques : Ville d’Armentières et la MEL
Maîtrises d’ouvrage privées : Vega 1965 (propriétaire du site) développera la partie loisirs et ADIM Nord Picardie pilotera la partie «logements neuf» du site
AMO : Axo, mandataire d’un groupement réunissant l’Agenge MAES et la société Profil Ingénierie