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Calais Port 2015 : Une décision en fin d’année ?

2015, ce devait être l’année de la mise en service de ce grand projet de développement du port de Calais. Ce sera peut-être l’année du démarrage si les négociations arrivent à leur terme entre le concessionnaire pressenti et le Conseil régional. L’Etat est appelé au chevet de cet investissement majeur pour l’avenir portuaire de la façade maritime de la région.

La session plénière du Conseil régional début juillet n’aura pas permis au concessionnaire pressenti de la future délégation de service public de gestion des ports de Boulogne et Calais d’avancer sur le grand projet d’extension du port de Calais.
Les élus ont décidé de poursuivre les négociations avec le groupement sélectionné il y a un an par l’assemblée plénière. L’offre du groupement composé principalement de la Chambre de commerce et d’industrie, de la Caisse des dépôts et du fonds Meridan, en négociation depuis déjà un an, doit encore être affinée avant d’obtenir le suffrage des élus régionaux.
En cause, le montage financier de cette opération d’ampleur. Rappelons que cette concession de gestion des ports de Calais et Boulogne comprend le méga-projet de création d’une nouvelle digue sur le port de Calais, un projet estimé à 690 millions d’euros de coût de travaux, soit 923 millions d’euros de besoin de financement si l’on intègre le coût des emprunts, de l’inflation et du coût de fonctionnement de la société de projet.
Pour financer cet investissement majeur pour la région, la société de projet demande une subvention de 320 millions d’euros, dont 273 millions du Conseil régional et 70 millions de l’Europe, sachant que le futur concessionnaire ne reprend pas les dettes actuelles des ports, près de 80 millions d’euros au total. L’addition s’annonce donc salée pour l’institution régionale qui doit aussi s’engager sur le financement du canal Seine Nord. L’aide de l’Etat va donc être demandée, ainsi que celles des collectivités de Boulogne et Calais.
Les élus du Conseil régional souhaitent également un meilleur partage des risques entre l’institution et le délégataire.

Préciser les aménagements à Boulogne-sur-Mer

Enfin, les aménagements sur le port de Boulogne – 100 millions d’euros au total, dont 30 millions par le candidat – doivent encore être précisés, notamment dans les modalités de mises en œuvre, sachant que de nombreux acteurs locaux restent réticents à la fusion avec le port de Calais. La région se donne jusqu’à la fin de l’année pour décider. Un nouveau report des négociations avec des élections régionales fin 2015 et des sables territoriaux très mouvants marquerait bien la fin de ce projet portuaire structurant.

Après le terminal méthanier de Dunkerque, Bouygues s’impose à Calais
Au passage de cette délibération on apprend l’attribution, par la société de projet, du marché de conception-construction au groupement d’entreprises mené par Bouygues Travaux publics.
Ce groupement comprend un sous-groupement de génie civil composé de filiales de Spie Batignolles, Bouygues travaux publics, DTP terrassement, Valerian et Soletanche Bachy et une société de dragage DJN Sodraco. Bouygues affirme pouvoir sous-traiter 62 milliions d’euros de travaux à des PME locales et régionales.