Benoit Loison, président de la FFB59/62, Jean-Pierre René, président de l’URH Hauts-de-France et Philippe Depasse, président de la FPI régionale.

Benoit Loison, président de la FFB59/62, Jean-Pierre René, président de l’URH Hauts-de-France et Philippe Depasse, président de la FPI régionale.

URH Hauts-de-France : Les organismes HLM vent debout contre la loi de finances 2018

C’est une théorie des dominos qui risque de faire mal. Jean-Pierre René , président de la nouvelle Union Régionale de l’Habitat des Hauts-de-France ne décolère pas depuis les annonces du Gouvernement. Premier domino à tomber, la réduction des APL de 5 euros pour tous les bénéficiaires. Le premier d’une longue liste que redoute les organismes HLM régionaux. S’en suit donc la baisse de 50 à 60 euros par mois des APL à partir du 1er janvier 2018 pour les locataires des bailleurs sociaux qui devront la répercuter en baisse de loyer. “Un mirage pour les locataires”, défend le président qui a fait les comptes. Il estime à 230 millions d’euros la perte de recettes pour les HLM régionaux. Soit l’équivalent de « 10 000 logements neufs en moins », ce qui représente l’intégralité de la production régionale annuelle. Il pointe également du doigt les 40 000 logements qui ne seront pas rénovés. On imagine très bien les conséquences pour les entreprises de bâtiment : « 1,4 milliard de chiffre d’affaires en moins, sans compter les 30 000 emplois directs ou indirects impactés ». “Alors que la reprise est là, nous devons poursuivre le dialogue avec l’Etat. Les contrats avec les bailleurs représentent 15% du chiffre d’affaires de nos entreprises”, rappelle Benoit Loison, président de la FFB Nord-Pas-de-Calais. Rappelons par ailleurs que dans les Hauts-de-France, 61% des ménages bénéficient des aides au logement. Un pourcentage bien plus important qu’en Ile-de-France qui s’établit à 35%. Pour les acteurs du monde HLM, ces mesures sont aussi largement influencées par un tropisme parisien qui fausse les situations en province. Ces derniers réfutent également les propositions compensatoires comme doper les ventes pour multiplier les recettes. “On ne peut pas aller au-delà de ce que nous réalisons déjà, affirme Amélie Debrabandère, DG de LMH quand Jean-Pierre Choel, DG de Promocil, craint un risque systémique sur le livret A en raison des non-remboursements d’emprunt que la baisse des APL pourrait générer. Même son de cloche en ce qui concerne les regroupements recommandés : “c’est un écran de fumée ! Nous sommes déjà regroupés, il existe par exemple de nombreux GIE”. Et Philippe Depasse, président de la FPI de conclure : “on nous rabâche depuis des années que la politique logement coûte cher, c’est faux. On est en train de faire une France à deux vitesses : celle des Métropoles et les autres”.