Anne-Françoise Potie, vice-présidente et Patrick Vacossin, président du Conseil régional des notaires

Anne-Françoise Potie, vice-présidente et Patrick Vacossin, président du Conseil régional des notaires

Marché Immobilier : Actif, mais toujours difficile

Il faudra encore patienter pour assister au véritable décollage de l’immobilier dans la région. Depuis un an, les appartements anciens ont encore perdu de leur valeur (- 3,3% dans le Nord, – 5,7% dans le Pas-de-Calais). Les appartements neufs s’en sortent un peu mieux (+ 3,6 % dans le Nord, + 4,7% dans le Pas de Calais).
«Les locataires sont de plus en plus exigeants et il y a donc un attrait du neuf chez les investisseurs, conscients qu’ils n’auront pas de travaux à faire dans les 15 ans à venir» juge Patrick Vacossin, président du Conseil régional des notaires, prudent sur les perspectives d’un marché «actif, mais encore compliqué». Gloire aux primo-accédants, grâce auxquels les transactions se maintiennent. A cet égard, les notaires ont loué la politique de prix maîtrisés dans certaines villes (dont Lille), permettant à de jeunes couples d’accéder à la propriété sous condition de ressources.
Des freins à l’amélioration de l’offre immobilière
En revanche, les notaires déplorent la rigidité du code de l’urbanisme (dérivé du PLU) qui rend difficile les changements d’affectation d’un bâtiment de commerces ou de bureaux en habitations.
L’obligation de créer des places de parking (jusqu’à 4 par logement pour certaines zones !) ou d’agrandir les espaces verts découragent parfois les investisseurs. Des règlements qui, selon les notaires, ralentissent aussi la rénovation du parc ancien. On pense à ces maisons de maître qui ne trouvent plus preneur, à moins d’être divisées en plusieurs lots. Les petites surfaces restent en effet les plus prisées en ces temps de crise : dans l’ancien, les deux-trois pièces représentent 60 % du volume des ventes (80 % dans le neuf).
Une tendance au «small is beautiful» que l’on retrouve dans les terrains à bâtir : la vente de terrains avoisinant les 300m2 n’a jamais été aussi élevée. Mais le prix s’en ressent (jusqu’à 300 €/m2). Acheter petit, c’est bien souvent acheter plus cher.