François Bernard, président du Conseil régional des notaires, et ses vice-présidents, Anne-Françoise Potie et Patrick Vacossin.

François Bernard, président du Conseil régional des notaires, et ses vice-présidents, Anne-Françoise Potie et Patrick Vacossin.

Immobilier : Les biens à rénover gardent la cote

Dans l’ancien, la baisse des prix est acquise et le nombre de transactions diminue. Seul bien qui échappe à cette tendance, les petits volumes à rénover, prisés par les investisseurs et les primo-accédants.

Les chiffres révélés par le Conseil régional des notaires confirment la conjoncture observée depuis 4 ans en France et dans la région: entre fin 2013 et fin 2014, le prix des appartements anciens a baissé de 6,9 %. Celui des maisons anciennes a reculé de 3,8%. Chute des prix et marché atone. Dans le Nord, les ventes de maisons anciennes ont diminué de 18,2%. Une chute encore plus accentuée dans le Pas de Calais : 37,5% de transactions en moins ! Une situation comparable à celle de 2009, juste après la crise financière. Doit-on dès lors s’attendre au rebond qui avait suivi à l’époque ? « Rien n’est moins sûr », analyse François Bernard, président du Conseil régional des notaires, « à l’époque la chute était due à une panique des acheteurs qui s’interrogeaient sur la valeur refuge de la pierre ». Aujourd’hui, la crise est plus conjoncturelle.

Dans ce tableau général, certaines villes voient le prix médian de leurs appartements anciens s’effondrer : -19,1 % à Lens, -13,6% à Croix, -11,4 % à Roubaix et à Valenciennes. Les hausses les plus marquées sont observables dans l’arrondissement de Béthune (+11%) et dans certains quartiers périphériques de Lille : + 10,9 % à Villeneuve d’Ascq, + 9,4 % à Fives, + 8,5 à Bois-Blancs. « La recherche d’un prix moindre permet la redécouverte de certains quartiers », décrypte Patrick Vacossin, notaire à Lille. Tendance accentuée par la bonne tenue des petits volumes dans ces secteurs redevenus attractifs. « Les petits prix avec des travaux restent un marché soutenu » confirme François Bernard, « ça intéresse les investisseurs et des familles qui peuvent accéder à la propriété ».

Secteurs attractifs

Dans certains secteurs, le succès des maisons à retaper tire les prix à la hausse. Comme à Wattignies ou à Wavrin, en périphérie de Lille : +17% et +16,9%… quand il chute à Mouvaux de 18,1%. Dans le Pas de Calais, c’est le secteur du Touquet qui trinque. A l’image de certains quartiers cossus, dont les villas des années 80 au style démodé ont parfois du mal à se vendre. « Il n’est pas rare de voir des biens affichés à 1,2 million partir en dessous du million », souffle Anne-Françoise Potie, notaire à Templeuve, témoin d’un autre phénomène dans ce marché déprimé, « l’effet coup de cœur est accentué, on prend son temps pour acheter ». D’où l’incompréhension des professionnels devant des biens qu’ils jugent surcotés, mais qui partent tout de suite et d’autres a priori intéressants qui ne trouvent pas preneur. On respire, l’immobilier reste une science inexacte.

Le succès des maisons à haute performance

Jardin en ville, proximité du métro, liaison avec les grands axes… A chaque époque, ses particularités pour mieux valoriser un bien immobilier. Ce qui marche aujourd’hui ? « Les gens sont très attentifs à l’isolation et aux performances énergétiques de leur maison », avance François Bernard. La perspective de faire des économies de chauffage et d’électricité n’a jamais été aussi déterminante dans l’acte d’achat. Autre argument qui peut s’avérer déterminant : la fiscalité. Dans certains villages en périphérie de Lille, appartenir ou non à la communauté urbaine n’a pas le même prix.