© M Lachant/Région Hauts-de-France

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Appel de Péronne : Union sacrée autour du canal Seine-Nord-Europe

Ils étaient pas moins de 500. Élus de tout bord et acteurs du monde économique aux côtés de Xavier Bertrand pour lancer “l’appel de Péronne”. Surpris par autant de mobilisation, le président des Hauts-de-France a rappelé dans un exposé pédagogique l’état du projet. Mais surtout les propositions faites la semaine dernière au Gouvernement pour le débloquer, répondant point par point aux objections de l’exécutif. Sur l’aspect budgétaire d’abord : les collectivités proposent de payer le chantier les deux premières années pour ne plus perdre de temps. Elles enfoncent le clou en étant prêtes à garantir l’emprunt de 700 millions d’euros nécessaire pour boucler le financement de cet ouvrage estimé à 4,7 milliards. “On en a marre de se faire balader !”, riposte enfin Xavier Bertrand. “Nous mettons la même somme que l’Etat, marre d’être informés les derniers”. Aussi, il joue son va-tout en proposant de prendre le pilotage du projet. Sorte de régionalisation, l’Etat devenant alors minoritaire. “La balle est maintenant dans le camp du gouvernement, s’ils disent non, ça va commencer par se voir!”. Et de conclure son allocution par un ultimatum : “je souhaite le redémarrage de la société de projet d’ici fin septembre et d’ici mi-octobre une réponse claire du Premier ministre et du Président de la République. Oui ou non au canal Seine-Nord-Europe ! Mais un non serait une déclaration de guerre contre la Région”, lance-t-il avant d’accueillir un invité surprise en la personne de Jean-Louis Borloo. On sait sa parole souvent écoutée dans les hautes sphères, espérons qu’elle a toujours autant de poids.

 

Les représentants du monde économique se mobilisent pour le canal.
Les représentants du monde économique se mobilisent pour le canal.
Les entrepreneurs s’engagent
Les représentants du monde économique ne manquent pas de rappeler leur adhésion au canal Seine-Nord-Europe. Déjà plus d’une dizaine d’années qu’ils se sont engagés en faveur de cette infrastructure stratégique pour la région. A l’instar du Gerif, Groupement régional d’intérêt fuvial qui regroupe Rabot Dutilleul, Ramery, Hiolle, Eurotunnel, Grimonprez Logistique et le cercle des chargeurs, qui seront les utilisateurs finaux du canal et des plateformes qui le jalonneront. “Nous défendons également cette vision de régionalisation, indique François Dutilleul, président du Gerif. “Nous avons réalisé des études et ces futures plateformes vont fonctionner, elles ont une réalité économique. Et nous, entreprises privées, sommes prêtes à y prendre notre part”.