Sous les pavés drainants placés au niveau des poches de stationnement de la nouvelle place Foch à Wimereux, un bassin d’infiltration en caissons de 1060 m3 a été aménagé. Un tunnel débourbeur viendra récupérer l’eau de pluie qui sera prétraitée à 80% puis s’écoulera naturellement dans le sol par des tunnels placés perpendiculairement.

Sous les pavés drainants placés au niveau des poches de stationnement de la nouvelle place Foch à Wimereux, un bassin d’infiltration en caissons de 1060 m3 a été aménagé. Un tunnel débourbeur viendra récupérer l’eau de pluie qui sera prétraitée à 80% puis s’écoulera naturellement dans le sol par des tunnels placés perpendiculairement.

Wimereux : La coquille Saint-Jacques s’invite dans le pavé

Dans le cadre de la réfection de la place Foch, la ville de Wimereux a décidé d’utiliser un pavé drainant à base de déchets de coquilles Saint-Jacques tout droit sortis de la zone Capécure à Boulogne-sur-Mer.

 

Décidemment, dans le secteur du BTP, le recyclage du coquillage a le vent en poupe. Après le carrelage en déchets de coquilles de moule (etNISI), voici le pavé drainant à base de coquilles Saint-Jacques, issu du projet VECOP développé et breveté par l’école d’ingénieurs ESITC Caen. Séduite, la ville de Wimereux sur la côte d’Opale, a décidé de l’employer à grande échelle pour la rénovation de la place Foch. Une première française.

MADE IN HAUTS-DE-FRANCE

Clément delobel, responsable du bureau d’étude VRD chez INGEO
Clément delobel, responsable du bureau d’étude VRD chez INGEO

« Pour son projet de réfection totale de l’avenue Foch et de sa place, explique Clément Delobel, responsable du BE VRD pour INGEO, la Ville, très portée sur l’économie circulaire, souhaitait réaliser un projet innovant. Nous avons fait les choses à fond, avec du stationnement matérialisé, un éclairage LED avec variation de puissance et détection de présence, la réutilisation des bordures existantes, la création de noues, l’usage d’enrobés au liant incolore avec des granulats du Boulonnais, la gestion des eaux pluviales avec un bassin d’infiltration… C’est pourquoi je leur ai proposé ce pavé drainant». Avec la proximité des déchets coquillés tout droit sortis de Capécure à Boulogne-sur-Mer, ce pavé 100 % local répond à la notion d’économie circulaire. Suite au brevet déposé par l’ESITC Caen en 2016, le pavé drainant a été mis en production par un industriel situé dans l’Oise.

TUNNEL DEBOURBEUR

Sous les pavés drainants placés au niveau des poches de stationnement de la place, un bassin d’infiltration en caissons de 1 060 m3 a été aménagé. Un tunnel débourbeur d’1m80 de diamètre, accessible facilement pour son entretien bi-annuel, récupère 80% des déchets de l’eau de pluie. L’eau s’écoulera naturellement dans le sol via des tunnels placés perpendiculairement. La ville, en séparant les eaux pluviales des eaux usées permettra de soulager un maximum sa station d’épuration. Ainsi la qualité des eaux de baignade, essentielle pour une station balnéaire, sera maitrisée. Démarrée en avril, la pose des pavés s’achevera début juin.

Le pavé issu du projet VECOP se compose de granulat en quartz blanc en surface avec des déchets de coquilles Saint-Jacques broyés en fraction 2/4 mélangé à du ciment blanc drainant.
Le pavé issu du projet VECOP se compose de granulat en quartz blanc en surface avec des déchets de coquilles Saint-Jacques broyés en fraction 2/4 mélangé à du ciment blanc drainant.

DU LABO AU CHANTIER

C’est en 2011, face à une forte quantité de déchets de coproduits coquillés issus de la pêche et de l’élevage, que les chercheurs de l’Ecole Supérieure d’Ingénieurs des Travaux de la Construction de Caen (ESITC Caen), dont le cœur de métier est le béton, ont eu l’idée de développer cet éco-pavé dans le cadre d’un projet appelé VECOP. La matière première, la coquille Saint-Jacques, lavée et débarrassée de toutes ses impuretés, est broyée. Elle entre ensuite dans la composition du béton (environ 30%) en remplacement des graviers naturels non renouvelables. Après l’expérimentation en laboratoire, il a fallu mettre en œuvre ce pavé drainant sur des chantiers prototypes comme l’extension d’un parking de l’ESITC Caen. Avec sa propriété drainante, il permet donc de répondre aux besoins d’aménagement urbain durable tout en évitant l’imperméabilisation des surfaces. La gestion de l’eau de pluie est alors mieux maitrisée. Il n’est pas adapté aux poids lourds et se destine plutôt aux zones piétonnes, aux parkings, aux bordures ou aux trottoirs.

FAIRE DE L’EAU UNE AMIE

Mais innover veut-il dire dépenser plus ? « 60% du coût des travaux ont pu être pris en charge par le projet européen Water Resilient Cities (WRC) que la commune a intégré», confie Erik Dereeper, directeur des services techniques de Wimereux. Avec 14 autres villes de France, de Belgique, des Pays-Bas et du Royaume-Uni, la cité balnéaire planche sur une même problématique, celle de la gestion des eaux pluviales tout en intégrant une touche d’innovation. « D’autres villes s’intéressent à notre chantier», ajoute-t-il. Avec un constat commun : il faut gérer l’eau à la parcelle et en faire notre amie et non notre ennemie». Le pavé drainant à base de déchets de co-produits coquillés s’assure un bel avenir. « Le projet VECOP? Il n’y a pas un jour sans que l’on ne m’en parle », conclut Clément Delobel.

Projet : Aménagement de l’avenue Foch à Wimereux
Coût : 3 506 000 € TTC
Maîtrise d’ouvrage : ville de Wimereux / Communauté d’agglo du Boulonnais
Maîtrise d’oeuvre : Ingeo/Canopée
Financement : Interreg/CAB/Agence de l’Eau/FDE 62
Travaux : Lot 1 : Voirie, Assainissement, trottoir : COLAS
Lot 2 : Réseaux divers : CITEOS
Lot 3 : Aménagements paysagers : SEVE

 

 

Nous vous présentons la vidéo de la Ville de Wimereux :