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Travaux en hauteur : l’exosquelette prend vos bras en main

Pas de dinosaures ni de morts-vivants sous «l’exosquelette» testé par l’entreprise Stami de Leers. Mais des hommes qui travaillent dur et apprécient cet appareil qui soulage les articulations des bras… 

 

La société Stami est spécialisée dans les aménagements intérieurs des immeubles de bureaux et locaux d’activité. Ses trente compagnons sont plâtriers ou installent des menuiseries bois, des cloisons et des plafonds suspendus. Et cela ne va pas sans douleurs ! «Nous enregistrons beaucoup d’arrêts de travail pour des troubles musculo-squelettiques, rapporte le patron, José Baptista. Un ouvrier sur cinq se plaint des épaules et des coudes. Certains, à 35 ans, ont déjà des tendinites». A la recherche de solutions, le chef d’entreprise a découvert sur internet les exosquelettes, des appareils qui épousent la forme du corps et aident des personnes handicapées à se mouvoir. «J’ai voulu savoir si des outils similaires pouvaient être utilisés de manière préventive dans le BTP». Il en a trouvé un auprès de la société Gobio (Nantes) et l’a testé pendant deux semaines.

Stami_HDDes biceps en plus

Ce matin-là, nous sommes sur le chantier du futur siège d’Orange à Villeneuve d’Ascq. Marcel Facon, poseur de plafonds chez Stami, enfile ce qui ressemble à un harnais. L’engin ne pèse que trois kilos mais lui fait une carrure d’haltérophile. Sous l’oeil intéressé d’un représentant de l’OPPBTP, le salarié ajuste une sangle à hauteur de la ceinture et un lien à la poitrine. Enfin, il attache les bras de l’exosquelette aux siens, juste au-dessus de ses coudes. Et le voilà prêt à intervenir sur la dalle au-dessus de lui et à soulever les colis de matériaux. «On ressent une aide à chaque mouvement vers le haut», témoigne Marcel.
Explication : le dos de l’appareil est bardé de lames métalliques qui se tendent en position de repos et se détendent dès que le porteur lève les mains. Deux câbles tirent alors sur des barres articulées placées le long des bras, qui accompagnent la mobilisation des biceps. Plusieurs opérateurs des équipes Stami ont déjà essayé l’outil. «S’il y en a un dans l’entreprise, je l’adopte», lance Marcel au terme de deux journées de test. Avant de s’en procurer, José Baptista sera très attentif à l’avis de ses «gars». Et il fera un retour d’expérience auprès des fabricants et fournisseurs. «Il nous faut des exosquelettes correspondant vraiment à des métiers qui fatiguent les membres supérieurs. Les systèmes pourraient être encore plus légers et plus souples, un peu comme des carapaces de langoustes. Et bien sûr, il faut veiller à ce qu’ils ne génèrent pas d’autres troubles de maintien. Ce n’est pas la performance des tâches qui est en jeu, c’est bien la santé des hommes».

Marcel Facon, testeur de l’exosquelette et José Baptista,  dirigeant de Stami.
Marcel Facon, testeur de l’exosquelette et José Baptista, dirigeant de Stami.