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Tourcoing : L’urbanisme négocié s’invite au quadrilatère des piscines

La SEM Ville renouvelée, aménageur du quartier tourquennois en devenir, fait le pari d’un urbanisme pragmatique pour deux lots en particulier. Coup de projecteur sur la démarche qui fait la part belle à l’intelligence collective.

Elle aurait pu se contenter de lancer une procédure des plus classiques avec un cahier des charges bien carré. Mais à l’instar du workshop sur les logements de l’Union et de l’appel à projet pour la requalification du TO3, la Sem Ville renouvelée veut encore casser les codes. Et surtout les pratiques. En septembre dernier, l’aménageur a lancé une consultation d’un nouveau genre pour les lots 7A et 7B du Quadrilatère des piscines. A eux deux, ils développent plus de 9 000 m2 de surface de plancher.

Processus itératif

« L’idée est de proposer la mise en place d’un processus de sélection innovant et itératif, décrypte Agathe Jocteur-Monrozier, responsable d’opérations à la Sem Ville renouvelée.
Nous sommes sur un territoire complexe avec des ambitions urbaines et architecturales fortes, et à la fois, sur un marché tendu qui doit être bien analysé pour sortir des prix cohérents tant pour le logement que pour les commerces ». Face à ce constat, la démarche de co-construction avec les différents acteurs impliqués – élus, commerçants, habitants – s’impose. « On croit à l’intelligence collective pour tirer le meilleur de tous malgré les contraintes de chacun ». Le devenir des lots 7A et 7B n’est pas figé dans un strict cahier des charges. De quoi faire évoluer le projet, tant dans la construction technique que politique. Et pour doper la contribution des acteurs de terrain, le recours à des applications de démocratie participative pourra également s’intégrer pour élargir les débats.

Programmation innovante

Outre la méthode, les usages devront être réinterrogés par les différents candidats. « Ce sont deux lots extrêmement bien placés via lesquels nous souhaitons tester le marché », indique la responsable. Les candidats devront par exemple intégrer une démarche smart-city (énergie, mobilité) et des rez-de-chaussée actifs. Plus qu’un simple programme mixte avec des commerces en pied d’immeubles, le projet d’aménagement propose de créer, autour d’un mail piéton, des locaux de bureaux de petite taille ou des SOHO. L’acronyme de Small office/Home Office, concept immobilier anglo-saxon, consiste à installer en un même lieu, activités économiques et logements. Les deux espaces étant reliés et juridiquement liés sous le régime d’un bail commercial avec logements attachés au local d’activité. L’expérimentation s’inscrit dans les nouveaux modes de travail : coworking, free-lance et autres slasheurs pourraient y trouver leur compte. Mais attention : « le but est d’avoir des projets les plus opérationnels possibles, réalistes et faisables dans un futur proche », insiste Agathe Jocteur-Monrozier qui voit là l’occasion de challenger les équipes sur des montages novateurs.

2019 en mode atelier

Les candidatures remises début novembre feront ce mois-ci l’objet de toutes les attentions. Trois-quatre équipes se verront ensuite attribuer le droit de poursuivre l’aventure qui sera jalonnée de trois ateliers. Les propositions sur les thèmes Architecture et smart-city, Innovation programmatique des socles, puis Engagement financier et juridique seront passées à la loupe avant un grand oral de présentation de l’offre finale début avril. Objectif : aboutir à la signature d’une à deux promesses de vente et déposer les permis de construire au troisième trimestre 2019. La construction de ces deux lots achèvera alors la première séquence, dite « ville centre » de l’opération qui en compte trois avec « la ville partagée » et « la ville habitée ». En parallèle, les travaux du quartier vont bon train. Après la pause de la première pierre du groupe scolaire de Gaulle (cf encadré), les travaux des espaces publics, du programme Starter (60 logements, 660 m2 de rez-de-chaussée actif et un espace de coworking par SNI et Notre Logis), du pôle multi-accueil et du parking doivent démarrer tout prochainement.

 

Première pierre pour  le groupe scolaire Charles de Gaulle Edifice structurant pour le quadrilatère des piscines, le groupe scolaire Charles de Gaulle sort actuellement de terre pour accueillir à la rentrée 2019, 17 classes élémentaires et maternelles. Le bâtiment conçu par les cabinets d’architectes ANAA et Goulard Brabant Loiez s’étendra sur 4 100 m2. Les ambitions énergétiques et techniques sont fortes puisqu’il devrait être labellisé Passivhaus. Il est par ailleurs planifié, conçu et créé en BIM.
Première pierre pour
le groupe scolaire Charles de Gaulle
Edifice structurant pour le quadrilatère des piscines, le groupe scolaire Charles de Gaulle sort actuellement de terre pour accueillir à la rentrée 2019, 17 classes élémentaires et maternelles. Le bâtiment conçu par les cabinets d’architectes ANAA et Goulard Brabant Loiez s’étendra sur 4 100 m2. Les ambitions énergétiques et techniques sont fortes puisqu’il devrait être labellisé Passivhaus. Il est par ailleurs planifié, conçu et créé en BIM.