HalleBrute-Photo_BenFlinois

Avec le St-So Bazaar, Saint-Sauveur entame sa mue

L’ancienne halle B de la friche lilloise accueillera d’ici 2020 un vaste espace dédié à l’économie créative. 

Extérieur-Vue-BealetBlanckaert
C’est un vestige du passé qu’il fallait préserver. La moitié de la halle B, longue de 200 m pour 5 000 m2, dernier témoin de l’histoire ferroviaire du quartier verra d’ici quelques semaines les ouvriers s’affairer autour d’elle. Suite à un appel à manifestation d’intérêt, le duo composé de SMart et Initiatives et Cités ont décroché la gestion de ce lieu pour 25 ans (il sera ensuite remis à la ville). Avec une ambition : créer un “totem” de l’économie créative autour de trois espaces principaux. La halle sera divisée en trois parties. La première accueillera un atelier dans la veine des fablab (lieux de partage dédiés à la fabrication) et un showroom, la seconde, accueillera plus largement le public au sein d’une cantine, d’un café, d’espaces de rencontres, tandis que la troisième, comprendra des bureaux privés et partagés. Le projet estimé à 8,5 millions d’euros recevra un abondement d’1,5 million d’euros de la ville de Lille, 800 000 euros de la MEL et environ 1 million d’euros de fonds européens (FEDER), dédié à la remise en état du bâtiment, le reste étant désormais à la charge des gestionnaires qui espèrent encore décrocher des subventions européennes. 

EspaceTravailPartagé_VueBéaletBlanckaert

Deux ans de travaux

Lieu clé du quartier Saint-Sauveur en devenir, puisqu’il accueillera à terme 2 400 logements, la création du St-So Bazaar se déroulera en plusieurs phases. Le permis de construire, étant purgé, le démarrage des travaux est imminent. La première partie doit être livrée en juillet, le temps du chantier permettra alors de finaliser les études des dernières phases pour une livraison complète en février 2020. 

“Jamais un programme mixte ne nous demanderait de créer un lieu pareil”, se réjouit Antoine Béal, maître d’oeuvre de cette réhabilitation, qui trouve ici un terrain de jeu inédit et chargé d’histoire. Un passé qu’il a choisi de mettre en valeur en conservant les matériaux bruts, notamment le béton. Ca et là, on retrouvera également les anciens rails ainsi que les quais qui seront conservés. “Nous jouerons sur leur topographie pour créer des espaces de taille différente”, décrypte l’architecte. Autre défi : connecter la halle au futur quartier. Une large ouverture traversante sera donc réalisée pour créer une place urbaine. 

Pour s’inscrire dans la durabilité et dans une démarche de “frugalité heureuse”, l’intérieur fera la part belle au bois et à des matériaux biosourcés, les équipes de maîtrise d’oeuvre plébiscitant ici les filières sèches. Mais avant cela, place au désamiantage puis à l’isolation et à l’étanchéité de la toiture, et au renforcement de la structure. Avant d’ici quelques mois, voir les panneaux photovoltaïques, un système double-flux et des puits canadiens prendre place. Un préalable pour ce lieu qui devrait accueillir quelque 300 emplois.