À la tête de Batinor à Ruitz, Stéphanie Cayet, directrice déléguée et Michel Boulinguez, directeur général.

À la tête de Batinor à Ruitz, Stéphanie Cayet, directrice déléguée et Michel Boulinguez, directeur général.

Ruitz : Batinor, un binôme en béton

L’entreprise de rénovation tous corps d’état située à Ruitz souffle cette année ses 30 bougies. À sa tête : Michel Boulinguez, rejoint en 2016 par Stéphanie Cayet, la fille de Bernard Krzyzak, fondateur et président de Batinor.

 Batinor, une histoire de famille

Elle vient de souffler ses 30 bougies. Spécialisée dans la rénovation tous corps d’état, Batinor oeuvre essentiellement pour les bailleurs sociaux comme Maisons et Cités et Flandres Opale Habitat. Aux commandes de cette entreprise dont le chiffre d’affaires 2018 s’élève à 10,5 millions d’euros, un binôme. Celui de Stéphanie Cayet et Michel Boulinguez. Il y a trois ans, elle a rejoint les rangs de l’entreprise familiale fondée en 1989 par son père, Bernard Krzyzak. Depuis, elle assure le poste de directrice déléguée auprès de Michel Boulinguez, 57 ans.

Le bâtiment ? Non merci

Lorsque Bernard Krzyzak a réfléchi à sa succession, il a évidemment pensé à ses filles. En revanche ce n’était pas du tout réciproque. « Lorsque mon père nous a demandé si nous voulions reprendre les rênes de son entreprise, cela n’était pas dans nos projets, raconte Stéphanie Cayet, 32 ans. Ma sœur et moi exercions dans le secteur de l’optique. Reprendre une entreprise de bâtiment, cela ne nous faisait pas rêver ! » Batinor, était liée à leur enfance, aux devoirs après la classe en attendant leur père. Mais de là à la diriger… « Puis quand a sonné l’heure de la retraite, ajoute-t-elle, je me suis dit pourquoi pas ? Par mes diverses expériences professionnelles, j’avais déjà dû gérer un point de vente, je connaissais bien le monde de l’entreprise en matière de management, de social…». Elle saute finalement le pas. Aux côtés de Michel Boulinguez, elle apprend les ficelles du métier. « Nous formons un beau binôme. Je lui dois tout ». Quant à son mentor, qui fut d’abord directeur de travaux puis directeur général en 2007, il a beaucoup délégué, notamment sur la partie administrative et communication. Via des écrans internes placés dans les locaux, s’affichent des notes de services, les jours de formation de chacun sont rappelés. « Par exemple, nous diffusons des photos des chantiers terminés, explique-t-elle. Cela permet au métreur qui ne voit pas forcément le rendu d’en prendre connaissance. Le travail de chacun est alors valorisé ». Il s’agit aussi de moderniser les outils de travail grâce à des applications de contrôle et de suivi de chantiers sur tablette pour les conducteurs de travaux. « Ainsi, nous pouvons gérer les avancées, contrôler la sécurité sur chantier et envoyer régulièrement des comptes rendus précis à nos clients, ajoute-t-elle ».

Miser sur les formations

Nacelle, isolation thermique par l’extérieur, conduite en toute sécurité… Batinor propose un large panel de formations à sa centaine de salariés (dont une vingtaine basée au point relais à Calais ouvert en 2012). Mais avec 80% de chantiers de rénovation de logements sociaux, la majorité contient encore de l’amiante et du plomb. Un sujet que Stéphanie a pris à bras le corps en se formant avec ses équipes, au désamiantage. « Afin d’offrir une globalité de travaux à nos clients, nous avons dû nous adapter, assure-t-elle. En 2013, nous avons passé des formations en interne pour obtenir la certification Qualibat n°1552 traitement de l’amiante, et il y a un an je suis moi-même devenue encadrante technique amiante ». Batinor a également investi lourdement, un peu plus de 200 000 euros, dans l’acquisition de deux caissons mobiles de décontamination et dans du matériel spécialement dédié à l’amiante : des aspirateurs, des masques, des outils… Des  investissements au service de la sécurité, de la prévention et de la formation, récompensés par le prix Moniteur gros oeuvre en 2015.

Adapter l’apprentissage

Une récompense qui a aussi permis de mettre en lumière le travail de l’ensemble de l’équipe. Pour Michel Boulinguez : « Batinor ne serait rien sans ses salariés. Aujourd’hui, nous sommes une entreprise structurée où chacun est autonome ». Et pour pérenniser les embauches, le duo mise sur l’apprentissage. « Nous proposons généralement un CDI à la clé à nos apprentis, affirme le directeur, mais nous peinons tout de même à embaucher des salariés compétents. Il faudrait que l’apprentissage se calque sur nos besoins. Les formations ne sont actuellement pas en accord avec nos demandes…» En attendant que les violons s’accordent, il prendra sa retraite d’ici 4 ans, laissant alors Stéphanie Cayet voler de ses propres ailes.

 

La fiche

Création en 1989 à Bruay

2002 : installation à Ruitz

2012 : ouverture d’un point relais à Calais

CA 2018 : 10,5 M€

80 salariés en CDI

 

À Aire-sur-la-Lys, Batinor a livré en mars dernier, un chantier d’isolation par l’extérieur de 24 logements collectifs pour Flandre Opale Habitat. ©Flandre Opale Habitat
À Aire-sur-la-Lys, Batinor a livré en mars dernier, un chantier d’isolation par l’extérieur de 24 logements collectifs pour Flandre Opale Habitat. ©Flandre Opale Habitat