A l’arrière du bâtiment de la CPAM, place du Trichon à Roubaix, trois regards imprimés en 3D ont été posés.

A l’arrière du bâtiment de la CPAM, place du Trichon à Roubaix, trois regards imprimés en 3D ont été posés.

L’impression 3D terrasse les difficultés des réseaux d’assainissement

La Société auxiliaire des distributions d’eau (SADE) a récemment posé des regards de visite pour réhabiliter les réseaux d’assainissement vétustes de la MEL. Située sous les habitations de la place Trichon à Roubaix, l’opération délicate est rendue possible grâce à un procédé d’impression 3D développé par l’entreprise X-TreeE.

Comment réparer un réseau d’assainissement vieillissant sur un site occupé sans encombre ? Le problème s’est inévitablement posé place du Trichon à Roubaix, dans les sous-sols du parking de la CPAM et des habitations alentours. Le réseau en briques, datant du 19ème siècle, est fatigué et risque d’engendrer : fuites, effondrements et infiltrations. L’opération aurait nécessité un chantier encombrant et complexe, s’il n’y avait pas eu la solution de l’impression en 3 dimensions (impression 3D).

Un procédé qui a permis de fabriquer et de poser trois regards de visite sur les canalisations en utilisant l’addition de matière.

La jeune pousse X-TreeE, basée à Rungis, a été appelée à grand renfort par l’entreprise Point.P Travaux Publics pour concevoir ces ouvrages complexes, installés par la Société auxiliaire des distributions d’eau.

Depuis 2015, l’entreprise innovante a mis au point une technologie ingénieuse : « Un robot industriel doté d’une tête d’impression et d’une partie qui contient la matière. Un mélange de béton, développé avec Lafarge, capable d’être pompé et de tenir le procédé », précise Philippe Roux, l’un des co-fondateurs de l’entreprise.

Les impressions 3D prennent forme dans les ateliers de X-TreeE, sous la buse du robot ABB. Crédit photo : Micallef Point.P
Les impressions 3D prennent forme dans les ateliers de X-TreeE, sous la buse du robot ABB. Crédit photo : Micallef Point.P

Passer du 19ème au 21ème

Rien n’aurait été possible sans le soutien de la Métropole européenne lilloise qui avait déjà testé une première fois l’expérience à La Madeleine avec un déversoir d’orage. « C’est un chantier symbolique qui fait passer les canalisations du 19ème au 21ème siècle. Une manière aussi de transformer les difficultés en opportunités », se ravit Sébastien Leprêtre, vice-président MEL en charge de l’assainissement.

Une expérimentation encore mais que compte bien promouvoir Point.P Travaux Publics, le partenaire distributeur.  « Avec ce type de technologie, on fait du sur-mesure, c’est l’idéal, s’exclame Pierre-Emmanuel Thiard, directeur général de l’entreprise. Et surtout, terminées les nuisances et la pénibilité du travail. On mobilise aussi beaucoup moins d’ouvriers. Et au final, c’est un gain d’argent et de temps ». Il aura fallu seulement deux semaines pour traiter les relevés du géomètre et les transformer en maquette imprimable.

Il ne restait plus qu’à la SADE, missionnée par la MEL, de terrasser une petite portion localisée de sol pour poser les ouvrages de 1,5 mètre de diamètre et pesant chacun une tonne. « Cela épouse parfaitement le tuyaux. Et c’est transportable très facilement avec la pelle, sourit Benoît Pecqueur, le chef de chantier. La dernière étape consiste à remplir les alvéoles intérieures du regard puis, autour, de compléter d’un béton auto-compactant ». En quelques heures, le chantier est terminé.

Le rêve : imprimé sur le chantier

Des défis attendent encore la société X-TreeE. « Le procédé est réalisé en atelier. Cela implique du transport, des contraintes, et ça pose la question de la certification. Le rêve, ce serait, pour un acteur comme Point.P Travaux Publics de n’avoir qu’à changer les coordonnées du nuage de points et d’appuyer sur le bouton imprimerì et que tout soit réalisé directement sur le chantier », s’avance Philippe Roux, qui entrevoit un bel avenir à la 3D.

>>> La fiche

Maître d’Ouvrage : Métropole Européenne de Lille

Entreprises : Point. P Travaux Publics, la SADE et X-TreeE

Ouvrage : 8 heures de fabrication et une demi-journée de séchage, contre une semaine et demie en traditionnel.