Premier Prix du concours pour la crèche Kiwaoo à Villereau (HDF) par l’Atelier Amélie Fontaine.

Premier Prix du concours pour la crèche Kiwaoo à Villereau (HDF) par l’Atelier Amélie Fontaine.

Quand la paille botte les constructeurs régionaux

Matériau biosourcé par excellence, la paille s’invite de plus en plus dans les constructions des Hauts-de-France. Dans le pays, la région fait figure d’élève modèle puisque présente dans le trio de tête. Focus sur une filière qui se structure.

 

Passons sur les idées reçues ancrées dans l’imaginaire collectif par nos chers trois petits cochons. La paille dispose d’atouts que ses promoteurs ont bien l’intention de développer. A l’instar des Rencontres paille organisées par le cd2e en décembre dernier au Stab Vélodrome à Roubaix. L’événement, couplé à la remise des prix du concours des bâtiments biosourcés Interreg Bâti C2, a fédéré près de 200 personnes. Des agriculteurs aux maîtres d’ouvrage en passant par les maîtres d’oeuvre, ces acteurs se mobilisent pour structurer une filière paille en devenir.

Des atouts…

C’est que la paille de blé dispose de nombreux avantages : matériau local et économique, isolant thermique et phonique performant, régulateur hygrométrique pour un faible bilan carbone et faible émission d’énergie grise. “Dans les Hauts-de-France, on estime le potentiel de paille de blé mobilisable durablement à 836 000 tonnes”, comptabilise Stéphane Théophile, consultant bâtiment durable au cd2e. “Un gisement qui permettrait d’isoler quelque 100 000 maisons !”. Pour mémoire, l’isolation d’une maison de 100m2 nécessite 500 bottes de paille soit 8 tonnes grâce à la culture de 2 hectares de culture de céréales.
Émisent en 2012, les règles professionnelles pour la paille de remplissage et la préfabrication de caissons porteurs en bois, ainsi que le développement de la formation Pro-Paille, participent à la démocratisation de ce matériau dans la construction. L’accès à la garantie décennale tend par ailleurs à rassurer les acteurs.

… à mettre en oeuvre

Mais disposer d’une ressource ne suffit pas. Encore faut-il la mettre en adéquation avec les exigences des règles professionnelles. Alors que la paille régionale est principalement conditionnée en grandes bottes, une étude menée par la Chambre d’agriculture régionale avec l’Ademe préconise d’établir un protocole de conditionnement pour obtenir une qualité de botte de paille dédiée à la construction. Idéalement, celle-ci doit être de dimension 37x47x90, peser environ 15 kg, avoir une densité de 80 à 120 kg/m3, une résistance thermique de R=7,1m2.K/W pour 37 cm d’épaisseur, une résistance au feu avec un niveau Euroclasse feu : B-S1-d0 et un comportement au feu Classe E ainsi qu’une perméabilité à la vapeur : µ = 1,15. Voilà pour les critères techniques.

Et demain ?

Reste encore qu’offre et demande doivent se rencontrer puisqu’il n’existe pas de stock régional adapté à la construction. Autre inconnue, le volume de construction à venir. L’approvisionnement se faisant actuellement au cas par cas, difficile pour les agriculteurs de se positionner sur une production de long terme. Une production aussi plébiscitée pour d’autres usages comme l’alimentation animale. Pour l’heure, le cd2e a recensé 36 agriculteurs intéressés par le débouché paille bâtiment et estime la demande à 45 000 petites bottes pour une douzaine de projet annoncés en 2019. De futures opérations vitrines qui permettent à la filière de se mettre en ordre de marche !

Un bâtiment en paille pour produits inflammables,  c’est possible ! La démarche est audacieuse, tant par son maître d’ouvrage, L’Oréal, que par son maître d’oeuvre, Jean-Luc Collet (photo). L’architecte valenciennois, bien connu dans l’univers des bâtiments biosourcés, a séduit le groupe de cosmétique avec une démarche inédite en France pour ce type de bâtiment. Construire un bâtiment en paille pour stocker les produits inflammables de l’usine Sicos à Caudry. “Une course d’obstacles” puisqu’il a fallu convaincre administration et autres services instructeurs pour autoriser la construction d’une telle expérimentation. Sauf vis-à-vis des pompiers : “enfin des matériaux sans émanations toxiques!”, ont-ils répliqué, conquis.
Un bâtiment en paille pour produits inflammables, c’est possible !
La démarche est audacieuse, tant par son maître d’ouvrage, L’Oréal, que par son maître d’oeuvre, Jean-Luc Collet (photo). L’architecte valenciennois, bien connu dans l’univers des bâtiments biosourcés, a séduit le groupe de cosmétique avec une démarche inédite en France pour ce type de bâtiment. Construire un bâtiment en paille pour stocker les produits inflammables de l’usine Sicos à Caudry. “Une course d’obstacles” puisqu’il a fallu convaincre administration et autres services instructeurs pour autoriser la construction d’une telle expérimentation. Sauf vis-à-vis des pompiers : “enfin des matériaux sans émanations toxiques!”, ont-ils répliqué, conquis.
 les Bâtiments biosourcés à l’honneur  Lors de ces rencontres dédiées à la construction paille, le 1er concours transfrontalier de Bâtiments biosourcés Bâti C² a récompensé 5 projets exemplaires dans la mise en œuvre de ces matériaux. Sur les 17 projets candidats, 5 ont été récompensés par 2 jurys - l’un régional et l’autre transfrontalier.  Jury transfrontalier - Premier Prix du concours pour la crèche Kiwaoo à Villereau (HDF) par l’Atelier Amélie Fontaine. - Prix Coup de Coeur pour la vieille Cense de Godinne à Yvoir (Wallonie) par l’Atelier Nord. Jury régional des Hauts-de-France - Prix Hauts-de-France de la construction neuve en biosourcés pour le Conservatoire d’Espaces Naturels à Lillers par l’architecte Olivier Goudeseune.   - Prix Hauts-de-France de la réhabilitation en biosourcés pour le Groupe Scolaire Jules Ferry à Aulnoy-Lez-Valenciennes présenté par l’Agence Collet Architecture.  - Prix de l’ambition de la maîtrise d’ouvrage pour le pôle de référence de développement rural durable à Le Wast (HDF) par le Parc Naturel Régional des Caps et Marais d’Opale.

les Bâtiments biosourcés à l’honneur
Lors de ces rencontres dédiées à la construction paille, le 1er concours transfrontalier de Bâtiments biosourcés Bâti C² a récompensé 5 projets exemplaires dans la mise en œuvre de ces matériaux. Sur les 17 projets candidats, 5 ont été récompensés par 2 jurys – l’un régional et l’autre transfrontalier.
Jury transfrontalier
– Premier Prix du concours pour la crèche Kiwaoo à Villereau (HDF) par l’Atelier Amélie Fontaine.
– Prix Coup de Coeur pour la vieille Cense de Godinne à Yvoir (Wallonie) par l’Atelier Nord.
Jury régional des Hauts-de-France
– Prix Hauts-de-France de la construction neuve en biosourcés pour le Conservatoire d’Espaces Naturels à Lillers par l’architecte Olivier Goudeseune.
– Prix Hauts-de-France de la réhabilitation en biosourcés pour le Groupe Scolaire Jules Ferry à Aulnoy-Lez-Valenciennes présenté par l’Agence Collet Architecture.
– Prix de l’ambition de la maîtrise d’ouvrage pour le pôle de référence de développement rural durable à Le Wast (HDF) par le Parc Naturel Régional des Caps et Marais d’Opale.