L’architecte Jérôme Houyez n’a pas hésité à revoir plusieurs fois ses plans pour intégrer les idées des usagers.

L’architecte Jérôme Houyez n’a pas hésité à revoir plusieurs fois ses plans pour intégrer les idées des usagers.

Méricourt : Une cantine et un centre social à énergie positive !

Dans cette ville de l’ancien bassin minier, on cultive volontiers l’originalité. De la terre méricourtoise, vient de sortir un bâtiment à double usage et à haute ambition environnementale. 

 

A Méricourt (Pas-de-Calais), des enfants déjeunent sous une baleine ! Dans la nouvelle salle de réfectoire des tout-petits, une sculpture de cétacé, de huit mètres de long, est pendue au plafond ; elle a été réalisée en lamellé-collé par la menuiserie Leleu de Sachin-les-Pernes (62). Pourquoi une baleine ? «Et pourquoi pas ?», répond Bernard Baude, le maire (PCF) de Méricourt, connu pour son caractère taquin. Au-delà de la pirouette, digne d’un mégaptère, l’élu indique sa volonté «d’enchanter» un bâtiment municipal utilitaire et son souci d’une réalisation qui respecte l’environnement, les ressources et même la biodiversité.

La moitié de l’électricité est «maison»

C’est ainsi qu’a été conçu un équipement original, à la fois «cantine» et «centre social d’éducation populaire», sur une ancienne friche minière, au bord d’un écoquartier. L’ensemble inauguré début avril s’ordonne autour d’un patio. Les deux entités qui le composent occupent chacune une partie du rez-de-chaussée et une partie de l’étage. D’un côté, la grande pièce où se restaurent les «maternelles» et la cantine des élèves du primaire, à laquelle on accède par un escalier en pas d’âne, enveloppé dans une double peau thermique. C’est de ce côté également qu’on trouve les cuisines et locaux de service. De l’autre côté, plus réduit en surface, les bureaux, les salles de réunion et les ateliers du centre social. Tous les espaces du haut s’ouvrent sur une vaste terrasse en bois, «mordant» sur le patio et permettant l’organisation de repas ou de petites activités de plein air.
Le bâtiment qui offre 2 650 m2 utiles présente une structure en poteaux-poutres béton et acier. Ces façades sont agrémentées de larges baies et recouvertes d’un bardage en pin Douglas non traité. L’isolant employé est la laine de bois, les revêtements de sols en caoutchouc. A l’extérieur, du chêne forme le platelage du patio et de la terrasse.
«Partout, nous avons cherché le beau, le solide mais aussi le plus économe en carbone, exercice passionnant», rapporte Bernard Baude. La toiture, en partie végétalisée, supporte 250 m2 de panneaux photovoltaïques. Il y a aussi des capteurs solaires thermiques pour l’alimentation en eau chaude. L’immeuble est chauffé par une cogénération gaz avec une VMC double flux. C’est un bâtiment à énergie positive, dans la mesure où, à certains moments de la journée, il produit plus d’électricité qu’il n’en consomme. Quand les gourmandes installations de cuisson tournent, l’électricité issue des panneaux et de la cogénération couvre quand même 15 % des besoins. Rapportés à l’année, c’est la moitié des kilowatts/heures nécessaires qui sont générés sur place… `

Des mètres carrés extensibles

Ce beau duo cantine/centre social est signé Jérôme Houyez. L’architecte de Sainghin-en-Mélantois s’est pris de passion pour le projet méricourtois.
A plusieurs reprises, il a révisé ses plans pour intégrer des idées venues des élus ou des habitants consultés. A l’étage, une salle a été aménagée pour accueillir des personnes âgées isolées qui souhaitaient manger ensemble, à proximité des enfants. «On a changé l’unité mètre carré», s’amuse le concepteur.
Au rez-de-chaussée du centre social, à l’instigation du maire, l’architecte a imaginé une «agora», espace circulaire et modulable par des cloisons mobiles, où peuvent se réunir avec le même confort dix ou cent personnes…

Les compagnons à table
Les ouvriers des entreprises occupées sur le chantier ont été parmi les premiers à tester les nouvelles installations. Cent vingt d’entre eux ont été invités par la mairie à un repas sur place. «Une fête pour des mains d’or», commente le maire.
Les deux ans de chantier ont demandé 294 000 heures de travail, soit l’équivalent de 163 emplois à temps plein sur un an.
Principales entreprises :
Nord Constructions nouvelles, gros oeuvre ; Bel’bois, charpente et bardage ; Genty, étanchéité platelage ; Horizons, menuiseries extérieures ; R&D, serrurerie, métallerie ; Cannata, doublage cloisons et plafonds ; Lefetz, menuiseries intérieures ; Sapiso, faux-plafonds ; Bauters, carrelage ; Cabre, peinture sols ; Miroux, chauffage, plomberie ; EGL, électricité ; Equipfroid, cuisine.

Architecte co-traitant : Agence Debrock

Bureaux d’études : J-M Thedrez, B.A Bat, Bioclim, ID Cook, Atlas énergies, Acoustique et environnement, Dekra (contrôle), 2TD (coordination SPS).PH BV Réfectoire Primaires