Pour mutualiser les ressources et les plateaux, le lycée Bernard-Chochoy espère intégrer prochainement un réseau naissant d’acteurs de la formation BTP.

Pour mutualiser les ressources et les plateaux, le lycée Bernard-Chochoy espère intégrer prochainement un réseau naissant d’acteurs de la formation BTP.

Lumbres : Le lycée Bernard-Chochoy à la conquête de l’excellence

A Lumbres, Bernard-Chochoy fait partie de la dizaine de lycées professionnels du Nord Pas-de-Calais, spécialisé dans le BTP. Une filière qui cueille au plus jeune âge et qui retrouve son optimisme avec la conjoncture et les futures réformes de l’apprentissage plutôt favorables.

Dans cet îlot vert où serpente l’Aa, à Lumbres, des cris enthousiastes ricochent dans la campagne. Des ouvriers en herbe, casques sur la tête, vont et viennent, poussant des brouettes remplies de matériaux. Leur défi ? Construire un abri plus vite que le retour des jours pluvieux. Au lycée Bernard-Chochoy, « on joint l’utile à l’agréable avec un travail pédagogique qui va améliorer le cadre de vie », sourit Christophe Cortyl, proviseur du lycée spécialisé dans les formations du bâtiment.

Un atelier bois maison

Les travaux ne manquent pas dans l’établissement, vieux de plus d’un demi-siècle. En attendant sa réhabilitation en 2021, la direction prend les devants. Dans l’un des couloirs principal, les carreleurs s’affairent soigneusement à recouvrir les murs. La récente fierté trône dans la cour : un atelier de levage de bois, « réalisé à 98% par les élèves charpentiers », explique Yann Quandalle, directeur délégué aux formations. C’est sans compter les missions réalisées en lien avec les acteurs du territoire. « Récemment, les élèves ont construit des gradins pour une association audomaroise de spectacle vivant. En échange, ils ont été initiés au théâtre. Un très bon point pour travailler les entretiens », s’enthousiasme le proviseur.

Seul dans l’Audomarois, le lycée se distingue par ces formations en gros œuvre : charpente et maçonnerie mais aussi de second œuvre : carrelage, finition et thermique. Avec cette particularité de cueillir les élèves aux plus jeunes âges. « Nous accueillons des petits débrouillards de quinze ans qui ont parfois des parcours difficiles. Avec des établissements partenaires, ils réalisent des cycles de découverte ».

« Ce sont des jeunes qui s’épanouissent à l’extérieur plutôt qu’un crayon entre les doigts, résume Jacques Hecquefeuille, enseignant en aménagement et finition. Mais nous les motivons pour aller plus loin ».

Un des étendards du proviseur « la montée en compétence » avec « l’employabilité ». Les filières CAP, plus pratiques, les acclimatent au métier et souvent les poussent à passer le Bac Pro et même à poursuivre avec un brevet de technicien supérieur (BTS). Denauvan Leniept de Saint-Pol-sur-Mer, en BTS aménagement et finition, est même bien résolu à « devenir son propre patron ».

Formation des pros

Au total, chaque année, 300 étudiants sont formés dans le lycée, par une cinquantaine de professeurs. S’y ajoutent la cinquantaine d’élèves en apprentissage et les professionnels via le Greta dans des filières construction voirie et réseau et installation sanitaire et thermique. « Nous restons à l’écoute des besoins des entreprises. Nous proposons des modules Proxibat. Nous venons aussi d’être équipés de trois plateaux de formation au BIM… », ajoute Yann Quandalle.

Malgré l’offre, le lycée a perdu une centaine d’élèves en quatre ans. Un problème de démographie mais surtout d’image de la filière… Christophe Cortyl est pourtant loin de baisser les bras et voit en les futures réformes un espoir. « Elles pourraient repositionner le bâtiment dans les filières d’excellence », souligne-t-il. Autre réjouissance : la conjoncture, meilleure. « Les entreprises vont recruter, poursuit le proviseur tout en temporisant. Mais il faut accepter que le jeune prenne le temps d’apprendre et ne soit pas toujours présent… »

>>> La fiche

Lycée professionnel Bernard-Chochoy, rue Marx Dormoy, 62380 Lumbres.

Proviseur : Christian Cortyl

Formations : Maçonnerie et charpente, finition, carrelage, thermique, voirie et réseau, installation sanitaire et thermique

Effectif : Près de 360 élèves

www.lp-chochoy.etab.ac-lille.fr

Dylan Moitel, 21 ans, Aire-sur-la-Lys BTS Aménagement et finition “Pour s’en sortir, il faut viser une meilleure qualification. Si je suis arrivé en BTS, c’est grâce à un parcours par étapes. Je n’avais pas forcément confiance en moi. Alors je suis passé par un CAP peinture. Ca m’a bien préparé. J’ai pu faire mes premiers pas dans l’entreprise SAPR à Aire-sur-la-Lys. J’ai découvert la peinture sous toutes ses coutures : finitions, dessin, décoration avec enduits graissés… Et puis, avec l’appui de notre professeur, j’ai décidé d’aller un peu plus loin en passant le Bac Pro et là le BTS. Maintenant, c’est un peu plus technique. On travaille sur des projets en conditions réelles. Des dossiers qui nous montrent comment envisager un chantier : vérification des quantités, déclinaisons des tâches… Cela va m’être très profitable. Aujourd’hui, pour s’en sortir, il faut viser une meilleure qualification.
Dylan Moitel, 21 ans, Aire-sur-la-Lys
En BTS Aménagement et finition
“Pour s’en sortir, il faut viser une meilleure qualification. »
Si je suis arrivé en BTS, c’est grâce à un parcours par étapes. Je n’avais pas forcément confiance en moi. Alors je suis passé par un CAP peinture. Ca m’a bien préparé. J’ai pu faire mes premiers pas dans l’entreprise SAPR à Aire-sur-la-Lys. J’ai découvert la peinture sous toutes ses coutures : finitions, dessins, décorations avec enduits graissés… Et puis, avec l’appui de notre professeur, j’ai décidé d’aller un peu plus loin en passant le Bac Pro et là le BTS. Maintenant, c’est un peu plus technique. On travaille sur des projets en conditions réelles. Des dossiers qui nous montrent comment envisager un chantier : vérification des quantités, déclinaisons des tâches… Cela va m’être très profitable. Aujourd’hui, pour s’en sortir, il faut viser une meilleure qualification.

 

Jacques  Hecquefeuille Enseignant Aménagement  et finition Lycée Bernard-Chochoy “Les élèves sont un maillon important pour les artisans.” Cela fait trente ans que je suis dans la formation. Rien de tel que de constamment évoluer. J’ai moi-même commencé ma carrière avec des expériences de chantier de gros œuvre dans différents secteurs. Et puis, j’ai pris un virage dans la construction bois et la finition peinture. Je m’investis beaucoup dans l’apprentissage. Cela me permet d’être connecté aux besoins des entreprises, de faire la passerelle. Les élèves sont aussi un maillon important pour les artisans. Je pense aux nouvelles réglementations et normes. Mais ces prochaines années vont être un défi dans l’enseignement. Le secteur est en demande d’élèves plus qualifiés, qui eux-mêmes sont parfois dégoûtés du système éducatif. Il va falloir arriver à les dynamiser grâce aux jeunes professeurs.
Jacques Hecquefeuille
Enseignant Aménagement
et finition
“Les élèves sont un maillon important pour les artisans.”
Cela fait trente ans que je suis dans la formation. Rien de tel que de constamment évoluer. J’ai moi-même commencé ma carrière avec des expériences de chantier de gros œuvre dans différents secteurs. Et puis, j’ai pris un virage dans la construction bois et la finition peinture. Je m’investis beaucoup dans l’apprentissage. Cela me permet d’être connecté aux besoins des entreprises, de faire la passerelle. Les élèves sont aussi un maillon important pour les artisans. Je pense aux nouvelles réglementations et normes. Mais ces prochaines années vont être un défi dans l’enseignement. Le secteur est en demande d’élèves plus qualifiés, qui eux-mêmes sont parfois dégoûtés du système éducatif. Il va falloir arriver à les dynamiser grâce aux jeunes professeurs.