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Lille : Wavely analyse le bruit des chantiers

Chantier stoppé pour cause de nuisances sonores”. Si la région est plutôt prémunie de ces désagréments, il n’est pas rare de croiser ce genre de situation en région parisienne où les riverains n’hésitent pas à dégainer l’arme juridique. Pour répondre de manière objective avec des données chiffrées, Wavely a développé des objets connectés permettant de mesurer l’impact sonore des chantiers. Installés au coeur des travaux, les capteurs, autonomes en énergie et connectés, captent les bruits. Et pour caractériser l’environnement sonore, les équipes travaux disposent d’un reporting en temps réel sur une plateforme en ligne. En cas de dépassement des seuils autorisés, une alerte les prévient même. “Notre solution est facile à poser puisque nos capteurs autonomes ne nécessitent pas de branchement électrique. Ils permettront à terme de localiser le bruit gênant et de répondre objectivement avec des données de long terme aux besoins de certains maîtres d’ouvrage”, décrypte Marion Aubert, co-fondatrice. Actuellement en phase d’industrialisation de ses capteurs – disponibles à la location puis à la vente dès janvier – Wavely équipe de façon expérimentale une partie du chantier de la ligne 15 du métro parisien pour le compte de Bouygues. Ou comment évaluer concrètement l’impact des tunneliers.

De la recherche à l’entreprise

Créée en 2017, la jeune pousse, incubée à Euratech, est le fruit d’un long travail issu de la recherche publique. Au côté de Marion Aubert, Alexis Vlandas, chercheur au CNRS et Nicolas Côté, docteur en acoustique (photo), ont développé leur technologie au côté de l’Institut d’électronique, de microélectronique et de nanotechnologie (IEMN). Ils participent également à un programme de co-maturation avec la société d’accélération du transfert de technologie (SATT Nord). Leurs travaux ont depuis fait l’objet d’un dépôt de brevet qui pourrait en amener d’autres. Au delà de la mesure des nuisances acoustiques sur chantier, Wavely vise aussi la maintenance prédictive en milieu industriel et la détection de fuites de gaz par l’acoustique. “Comme une fuite de gaz siffle, nous sommes à même de classifier son degré d’importance et de la localiser”, explique Marion Aubert.
Des technologies qui ont déjà tapé dans l’oeil d’investisseurs. L’entreprise de 10 personnes, aujourd’hui installée à l’IEMN où elle profite d’une plateforme de prototypage, a levé l’année dernière 600 000 euros auprès de Finovam, Fira Nord-Est et Bpifrance. Lauréat LMI “pépite” 2017, elle fait partie du palmarès 2018 du concours national I-lab. De quoi apporter crédibilité et légitimité pour appuyer de belles ambitions. En 2019, Wavely envisage 500 000 euros de chiffre d’affaires, le double en 2020. Une croissance qui devrait s’accompagner du recrutement de cinq ingénieurs spécialistes en signal sonore et machine learning. Prometteur.