La majorité des immeubles sera déconstruite pour créer de nouveaux logements.

La majorité des immeubles sera déconstruite pour créer de nouveaux logements.

Lille : Le quartier Concorde prépare son envol

D’ici quelques années, les barres du boulevard de Metz auront disparu. A la place, des logements neufs, de nouveaux équipements et un cadre de vie au standard du XXIè siècle. Un projet d’une génération, inscrit dans la deuxième vague de l’Anru, dont le top départ vient de sonner.

 

Ce soir de février, au centre social Concorde, on se presse pour assister à la réunion publique. Au programme, le lancement de la concertation du projet de renouvellement urbain de ce quartier dit populaire de Lille. Devant la salle comble, où toutes les générations sont présentes, Martine Aubry, maire de la ville, détaille les premiers contours de ce vaste programme de rénovation urbaine. “C’est un projet de 10-15 ans que l’on va construire pas à pas, veut rassurer l’édile qui s’est adjoint les services de l’architecte-urbaniste Bruno Fortier, Grand prix de l’urbanisme 2002. Et prévient d’emblée “nous mettons le paquet”.

Un quartier, quatre ambitions

Première promesse : “ce grand projet permettra d’offrir des logements de qualité pour tous”. Né après guerre sur les vestiges des fortifications lilloises, “Concorde” a vu pousser quelque 1 500 logements dans une dizaine de barres à partir de 1959. Aujourd’hui, c’est peu dire que ces derniers ne sont plus adaptés. Ils sont actuellement gérés par Lille Métropole Habitat (LMH), d’où la présence de Didier Manier, son président, lors de la réunion publique. Parce qu’il serait trop coûteux de rénover, une large part des immeubles sera déconstruite puis reconstruite. Fidèle à son ambition de mixité sociale, la ville souhaite proposer à terme un tiers de locatif social, un tiers d’accession abordable et un tiers de libre. Les premiers coups de pioche des futurs logements sont espérés en 2022.
Deuxième mission : désenclaver en ouvrant le quartier sur la ville. Cela passera par la création de rues et de promenades pour connecter Concorde aux quartiers de Vauban et de Wazemmes. Aux extrémités, l’avenue Beethoven, le boulevard de Metz et la Porte des Postes devraient bénéficier d’un lifting pour “passer d’infrastructures routières à des espaces publics apaisés et plus végétalisés”.
Les espaces verts justement. Ils sont le troisième pilier et tiendront une place centrale. Pour “faire de Concorde un quartier innovant sur le plan environnemental”, il est prévu, d’ici 5 ans, la création d’un parc d’environ 2 hectares. En parallèle, 3 autres hectares pourront être consacrés à l’agriculture urbaine.
Dernière pierre angulaire du projet, l’activité économique et le développement d’équipements publics. L’Epareca, chargé de revitaliser le commerce dans les villes, accompagnera la mairie sur ce volet. Un pôle artisanat et entreprise sera par ailleurs créé. Enfin, à l’heure où les fractures territoriales ne cessent de grandir, notamment par le départ de services publics, il s’agit ici de les renforcer. Un pôle dédié à la petite enfance comprenant une crèche, une maison des assistantes maternelles et un centre associatif verra le jour tout comme un nouveau groupe scolaire et une nouvelle médiathèque.

plan_masse Concorde

 

Deux phases

Compte tenu de l’ampleur du programme, impossible d’attaquer tous les fronts dans le même temps. Le projet s’échelonnera sur deux phases, 2024 étant la date charnière. D’ici là, 543 logements seront déconstruits, 248 réhabilités. Au total, deux tours et 5 barres sont concernées, d’abord dans la moitié Ouest du quartier, de l’avenue Beethoven à l’immeuble 22-24 boulevard de Metz. La seconde phase concernera la moitié Est, de l’immeuble 26-28 bd de Metz à la Porte des Postes. La campagne de relogement va désormais s’accélérer. En parallèle, la concertation se poursuit jusqu’au 15 octobre.
Le renouveau ne fait que commencer.

Concorde sous les bonnes fées de l’ANRU

Inutile de dire que la métamorphose d’un tel quartier nécessite un tour de table de partenaires solides. La ville de Lille, avec la Métropole Européenne de Lille (MEL), la Région et LMH ont trouvé un soutien de poids avec l’Etat à travers l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU). La première tranche du renouvellement du quartier Concorde s’inscrit dans le NPNRU, comprendre Nouveau programme national de renouvellement urbain. Si l’on ne connaît pas encore le montant global de l’opération, il est acquis que le coût de la déconstruction avoisinera les 200 millions d’euros.
Dans le Nord et le Pas-de-Calais, 17 quartiers bénéficieront de ce programme de l’Etat pour rénover ces quartiers d’intérêt national.