L’une des étapes la plus technique : le percement du couloir central à travers l’ensemble des maisons.

L’une des étapes la plus technique : le percement du couloir central à travers l’ensemble des maisons.

Dans les coulisses de l’Hôtel Louvre-Lens, le coron 4*

Après une lourde réhabilitation de plus de 20 mois, les 26 maisons minières au pied du musée du Louvre à Lens abritent désormais un hôtel 4 étoiles. Un pari architectural réussi où se mêlent tradition et modernité. 

 

facade1C’est un destin atypique pour des maisons pourtant typiques du bassin minier lensois. Au pied du musée du Louvre à Lens, les deux barreaux de 13 maisons de Maisons et Cités sont aujourd’hui transfigurés. Dans ces murs, place désormais à un hôtel 4 étoiles, son espace bien-être et séminaire, et à un restaurant. A la manoeuvre de cette transformation, Claire Duthoit, architecte au sein de l’agence Maes. “En rien ce lieu n’était fait pour être un hôtel”. C’est dire le challenge qui attendait les équipes. Premières contraintes, connecter les espaces pour n’en faire qu’une seule entité. “Nous devions mettre à distance la partie jour de la partie nuit pour qu’il n’y ait pas de nuisances sonores, détaille Claire Duthoit. A l’angle de la rue Paul Bert et de la rue la Bruyère, les premières maisons ainsi qu’une toute nouvelle extension logent le restaurant et sa cuisine, tandis qu’à l’étage, on retrouve les salles de séminaires. Au centre de ce nouvel équipement, une large ouverture fait la part belle au lobby et à la réception que l’on atteint soit en venant du musée, soit de l’ilôt Parmentier voisin, qui doit prochainement se muer en écoquartier. Les espaces sont généreux et tranchent avec la partie hôtel où il a d’abord fallu décloisonner pour mieux reconfigurer. Imaginez plutôt ces maisons mitoyennes de 4,3 m de large développant 40 m2 en rez-de-chaussée comme à l’étage. Autres éléments constitutifs de ce patrimoine, des extensions, greffées au fil du temps, accueillaient jadis côté jardin, cuisine et salle de bains. En écho, l’architecte a donc fait le choix d’agrandir les chambres du rez-de-chaussée par de petites alcôves qui accueillent tantôt une banquette-lit, tantôt un bureau.
Après une étape de curage des locaux – seuls la charpente, la couverture et les murs ont été gardés – un travail de renforcement a été mené du côté de la structure et au niveau des planchers. Surtout, il a fallu percer des ouvertures dans les murs de refend pour notamment créer un couloir pour desservir les chambres. Un couloir où l’on aperçoit une altimétrie importante qu’il a fallu juguler. A l’extrémité de celui-ci à l’étage, on découvre l’espace bien-être avec salle de sport et sauna. Avec cerise sur le gâteau, vue sur le musée du Louvre. Les équipements techniques sont quant eux nichés dans les combles. Lors du chantier, il a donc fallu composer avec l’exiguïté des espaces de base. Les diverses ouvertures créées puis équipées de verrière permettent enfin d’irriguer de lumière les espaces et de mettre en valeur le travail d’architecture d’intérieur réalisé par l’agence Da Silva.

“Clash respectueux”

Trois maîtres mots ont guidé Claire Duthoit. “La confrontation entre la réhabilitation et la partie neuve devait être harmonieuse dans une sorte de “clash respectueux”. Des verrières font notamment ce travail de couture entre les espaces. Secondo, l’empreinte du passé. Pas question de faire table rase de l’histoire, au contraire. “Il fallait s’imprégner du patrimoine culturel, en être fier et mettre en valeur ces briques”. Passés à la chaux pour une touche plus contemporaine, on retrouve, ici et là, ces murs de refend en brique, mis à nu, dans les chambres comme dans l’espace restauration. Enfin, “nous voulions affirmer la thématique du Nord, d’où le choix du noir, en rappel au charbon”.

Claire Duthoit,  architecte à l’agence Maes et Antoine Bouilhol, directeur de l’hôtel pour Esprit de France.
Claire Duthoit, architecte à l’agence Maes et Antoine Bouilhol, directeur de l’hôtel pour Esprit de France.

Ambition touristique

Pour cette réhabilitation-extension hautement symbolique et wagon de la locomotive économico-touristique du Louvre-Lens, on retrouve pourtant des acteurs singuliers. Avec pour maître d’ouvrage de l’opération, Maisons et Cités, qui n’a pas hésité à jouer le jeu en s’alliant avec Esprit de France. Pour l’instant locataire, ce dernier exploite l’établissement avant probablement d’en devenir propriétaire. Cette transformation est aussi le fruit d’un travail partenarial dès la conception, “nous avons toujours travaillé main dans la main avec l’exploitant”, se souvient l’architecte. Livré en octobre, l’hôtel a accueilli ses premiers clients début novembre. Des hôtes de haut rang, puisque deux ministres et leurs équipes y ont séjourné lors de leur passage pour les commémorations du centenaire de la Grande Guerre.
Du 4 étoiles on vous dit !

 

La fiche

Maître d’ouvrage : Maisons & Cités

ATMO : Esprit de France

Maîtrise d’oeuvre – Architecte : Agence Maes, BET technique : MODUO, Architecte d’intérieur : Da Silva, Paysagiste : Autrement dit, Acousticien : SIM Engineering, Bureau de contrôle : Apave, CSPS : Veritas, OPC : DC Ingénierie

Gros-oeuvre, traitement des façades, bardage, charpente bois, couverture tuile, étanchéité, menuiserie : Coexia Amenagement Interieur (mandataire et Ramery Bâtiment)

Cloisons doublages – faux plafonds – menuiseries intérieures – peinture – carrelage – moquette : ICP (Mandataire), Ardeco, Cabre, Sté Cuppens

Plomberie, sanitaire, chauffage, ventilation, climatisation, électricité : Eiffage Energie

Ascenseur : Schindler

Aménagement intérieur : VD Agencement

VRD-Aménagements extérieurs : SNB

Démolition-désamiantage : Demolaf