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Les 10 start-up qui dopent le bâtiment (1/2)

Qu’elles révolutionnent les métiers traditionnels ou innovent sur des créneaux encore peu exploités, les dix start-up que nous vous présentons ce mois-ci pourraient bien bousculer le Bâtiment et ses différents secteurs : robotique, sécurité connectée, énergie, air, logiciel ou encore économie circulaire sont leur terrain de jeu. Focus sur ces jeunes pousses régionales, plus que prometteuses.

Avec Construction-3D, la maison du futur n’est pas qu’une impression

• Ville : Valenciennes (serre numérique - cluster 3D) • Thématique : Robotique • Date de création : août 2017 • Dirigeant : Antoine Motte • Nombre de salariés : 6 personnes • Chiffre d’affaires : NC • Accompagnement: Valenciennes Métropole, BPI, Ademe, Serre numérique - cluster 3D
• Ville : Valenciennes (serre numérique – cluster 3D)
• Thématique : Robotique
• Date de création : août 2017
• Dirigeant : Antoine Motte
• Nombre de salariés : 6 personnes
• Chiffre d’affaires : NC
• Accompagnement: Valenciennes Métropole, BPI, Ademe, Serre numérique – cluster 3D

Déployée, la solution de Construction-3D semble un drôle d’insecte bien stable sur ses 4 pattes et dont le bras central, construit à lui seul, des ouvrages voire des maisons. Antoine Motte et son équipe auront mis trois ans à élaborer ce produit qui plonge le secteur de la construction tout droit dans le futur. Pour cet ingénieur des bâtiments, c’est pourtant un futur proche : «les marchés de la 3D seraient multipliés par 600 d’ici à 2027 selon les dernières études». Son équipement est déjà prêt à le façonner, capable, d’après une maquette numérique, d’élever «70m2 de murs de 3m de haut en 24 heures par dépôts additifs de béton avec une autonomie de 4 à 5 heures grâce à sa réserve», précise-t-il. Lui qui rêve d’agir pour des projets humanitaires avec cette vitesse d’action «en utilisant des matières locales» sait qu’il reste encore des verrous réglementaires, techniques et des coûts à lever. “Alors on tend vers des constructions hybridables comme notre futur siège – mêlant la construction 3D et des parties de construction traditionnelles : charpentes, etc. – ou des parties d’ouvrages complexes”, donne-t-il en exemple. La machine séduit déjà des constructeurs… «à l’étranger», constate-t-il. Elle a de quoi plaire, «transportable en container, déployable en 2 heures, avec 2 personnes seulement et travaillant in situ, précise-t-il. Et puis, elle redonne aussi du terrain aux architectes avec une précision dans l’apport de matière.» Et de conclure : «avec cet équipement, on passe à l’industrialisation de la construction».

 

LES COMPANIONS : Une aide pour la peinture, sans bavure

• Ville : Lille, Douai Ecole des Mines  • Thématique : Robotique • Dirigeant : Antoine Rennuit • Date de création : mai 2018 • Nombre de salariés :     5 à la rentrée 2018 • Chiffre d’affaires : NC • Accompagnement : Appui, Le village by CA, LMI
• Ville : Lille, Douai Ecole des Mines
• Thématique : Robotique
• Dirigeant : Antoine Rennuit
• Date de création : mai 2018
• Nombre de salariés :
5 à la rentrée 2018
• Chiffre d’affaires : NC
• Accompagnement : Appui, Le village by CA, LMI

Substituer le peintre par un robot ? Pas question pour Antoine Rennuit, fondateur des Companions. Son robot-peintre a été conçu «pour collaborer avec l’artisan, rassure le dirigeant. La machine travaillera sur des tâches répétitives : ponçage, grands aplats, plafonds, pendant que l’artisan se consacrera à des tâches plus nobles et complexes». C’est en plongeant dans l’univers naissant de l’intelligence artificielle, des robots et des caméras 3D que cet ingénieur en automatique et docteur en robotique entrevoit des applications concrètes dans le secteur du bâtiment. Il imagine un robot sur roulettes «pour le déplacer dans toutes les directions, sans créneau» et sur plateau élévateur. Companions se compose principalement d’un bras capable de poncer et d’appliquer à vitesse d’homme une peinture élaborée par un fabricant partenaire, mais qui a l’avantage d’être projetée sans bavure. Exit les opérations de masquage «qui prennent 70% du temps de l’artisan», souligne Antoine Rennuit. Pas besoin non plus d’être un expert pour contrôler le robot. Après un scan de l’espace à l’aide d’une caméra 3D, une simple tablette suffit à l’ouvrier pour indiquer à la machine les zones de travail. Le robot est actuellement en phase test mais intéresse des entreprises de peinture, bien décidées à s’offrir l’aide de ce compagnon ou sa location d’ici à juillet 2019.

 

HAVR : la serrure connectée en un flash

• Ville : Compiègne - Lille • Thématique : Sécurité connectée • Date de création : Octobre 2017 • Dirigeants : Simon Laurent et Alexandre Ballet • Nombre de salariés : 12 personnes • Chiffre d’affaires : NC • Accompagnement : Programme Scale d’Euratechnologies, LMI 2018, Réseau Initiative, BPI, UTC
• Ville : Compiègne – Lille
• Thématique : Sécurité connectée
• Date de création : Octobre 2017
• Dirigeants : Simon Laurent et Alexandre Ballet
• Nombre de salariés : 12 personnes
• Chiffre d’affaires : NC
• Accompagnement : Programme Scale d’Euratechnologies, LMI 2018, Réseau Initiative, BPI, UTC

Et si la lumière avait le pouvoir d’ouvrir nos portes ? Ce n’est aujourd’hui plus de la science-fiction mais bien une réalité grâce à l’innovation de deux étudiants de l’Université technologique de Compiègne (UTC). A la faveur d’un concours fin 2016, l’idée d’une serrure connectée qui utiliserait la lumière germe dans l’esprit de Simon Laurent et d’Alexandre Ballet. A l’extérieur, une serrure classique à embrayage. A l’intérieur, un boîtier intelligent accolé à la serrure et connecté au wifi de l’habitation. Pour ouvrir ou verrouiller rien de plus simple : depuis un smartphone, l’application Havr génère un code lumineux (comme du morse), sorte de flash que l’on envoie devant son barillet, et le tour est joué !Pour cela, les ingénieurs, depuis rejoints par Guillaume Duprez et John Mears, utilisent la technologie visible light communication (VLC). «Plus sécurisée que le bluetooth facilement piratable», assure John Mears, directeur des opérations. En appui, une application gère les autorisations. «L’utilisateur choisit d’envoyer un code à usage unique à qui et aux plages horaires qu’il souhaite». De quoi séduire «quelques grands groupes, espaces de co-working et promoteurs immobiliers» qui testeront la première cinquantaine d’unités livrée d’ici septembre. A terme, l’équipe d’une moyenne d’âge de 25 ans souhaite développer une gamme complète : intégration initiale dans les portes ou accès aux voitures, le champ des possibles est vaste !

 

OCTOPUS, des modèles tentacul’air pour les bâtiments

• Ville : La Madeleine • Thématique : Air • Date de création : juillet 2017 • Dirigeant : Maxence Mendez • Nombre de salariés : 3 • Chiffre d’affaires : NC • Accompagnement : Cré’Innov (incubation), Eurasanté (accélération)
• Ville : La Madeleine
• Thématique : Air
• Date de création : juillet 2017
• Dirigeant : Maxence Mendez
• Nombre de salariés : 3
• Chiffre d’affaires : NC
• Accompagnement : Cré’Innov (incubation), Eurasanté (accélération)

Connaître la qualité de l’air intérieur d’un bâtiment avant même sa construction… Un rêve futuriste ? Pas pour Octopus et son dirigeant Maxence Mendez. Son produit Indalo est capable de prévoir les concentrations de polluants en temps réel et en quelques clics en phase de conception d’un bâtiment. Un outil d’aide à la décision d’autant plus efficace qu’il se connecte à Revit, le logiciel de BIM largement utilisé. « De la maquette numérique, Indalo récupère les surfaces, les matériaux posés sur les murs et sols, le système de ventilation », détaille ce chercheur. Dès lors, il est facile pour un architecte ou un bureau d’étude de faire varier les paramètres pour visualiser différents scénarios. La partie immergée de l’iceberg, ce sont les algorithmes et les bases de données du logiciel. «Il compte près de 1000 polluants, 10 000 références de matériaux génériques et des données sur la qualité extérieure de l’air, à l’échelle de l’Europe», énumère le dirigeant. L’ensemble de ces ingrédients permet de simuler les interactions entre les différents polluants et, selon l’efficacité du système de ventilation, le niveau de pollution intérieure. Ce qui suscite l’intérêt de nombreux acteurs : bureaux d’études, promoteurs, bailleur, etc. Habitat des Hauts-de-France les a d’ailleurs sollicité pour un centre d’hébergement à Martin-lez-Tatinghem. Maxence Mendez vise plus loin : «On espère adapter notre produit à tous les logiciels de BIM et surtout travailler sur l’usage du bâtiment».

 

VARIATION : Puits GPS, les fondations trois en une

•  Ville : Wambrechies - Billy-Montigny •  Thématique : Energie •  Date de création : Décembre 2016 •  Dirigeant : Gérard Vassal •  Nombre de salariés : 5 associés •  Chiffre d’affaires : NC. •  Accompagnement : LMI 2018, Prix du public Nordbat 2018
• Ville : Wambrechies – Billy-Montigny
• Thématique : Energie
• Date de création : Décembre 2016
• Dirigeant : Gérard Vassal
• Nombre de salariés : 5 associés
• Chiffre d’affaires : NC.
• Accompagnement : LMI 2018, Prix du public Nordbat 2018

Optimiser les fondations en multipliant leurs fonctions, tel est l’objectif de VaRiation. Fondée par Gérard Vassal en décembre 2016 à Wambrechies, la start-up propose un système de fondation trois en une appelé Puits GPS pour «géothermie-pluie-structure». Ces fondations semi-profondes assurent en premier lieu un rôle structurel. Autour des poteaux encastrés dans une semelle en béton armé, des cuves de gestion des eaux de pluie assurent la récupération, le tamponnement et l’évacuation conformément aux dispositions en vigueur. Dernière étape : la géothermie. L’eau récupérée dans ces collecteurs, d’une température moyenne de 12 degrés, devient ensuite fluide thermique dont on prélève les calories pour chauffer le bâtiment. Reliés entre eux, les puits forment alors une boucle vertueuse et économique pour les usagers. «Nous estimons une réduction de 80% de la consommation énergétique liée au chauffage», détaille Frédéric Rolland, responsable R&D. En option, une pompe à chaleur réversible permet de rafraîchir la température du lieu. Sous brevet français et international, la solution Puits GPS est également suivie par le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB), notamment son chantier prototype dans le bassin minier. Des premiers résultats qui valent aussi à l’entreprise, fabricante et fournisseuse, d’être lauréate LMI 2018.

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  • Les 10 start-up qui dopent le bâtiment (Partie 2/2) : ici