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“J’attends le bon prix à la réponse au besoin”, Pierre Tonneau, président du directoire de la SIGH

Qu’attendent les maîtres d’ouvrage des entreprises ? Chaque mois, La Chronique leur donne la parole. 

Quels sont les grands projets de la SIGH ?
Chaque année, la société investit entre 50 et 60 millions d’euros. La moitié en production neuve, l’autre en réhabilitation et entretien du patrimoine. Parmi nos grands projets, notons l’opération Chasse Royale à Valenciennes. 350 logements y seront démolis avant une reconstruction qui aura un souci de mixité. En matière de réhabilitation, nous avons deux axes majeurs. Le premier est de traiter la rénovation énergétique puisque sur notre parc de 30 000 logements, on en compte 6 000 en étiquette E-F-G que nous souhaitons passer en C. Cela signifie également une baisse de charges pour nos locataires. Autre sujet important, l’accessibilité des logements liée au vieillissement de la population.

Comment qualifieriez-vous vos relations avec les entreprises ?
Nous sommes dans une dynamique double. D’abord, dans une relation partenariale car les investissements d’aujourd’hui sont les charges de demain et les dépenses d’entretien d’après-demain. Chaque décision d’investissement est mesurée en fonction de l’impact sur les charges. Nous construirons des logements qui doivent durer dans le temps, donc il nous faut des solutions robustes.
Enfin, nous avons une relation ouverte, notamment avec la dématérialisation des marchés publics. Mon souci est l’accès au plus grand nombre d’entreprises à la commande.

Concrètement, qu’avez-vous mis en place ?
Avec la CCI de Valenciennes, nous menons une action d’information et de formation auprès des PME. Parce que pour un certain nombre de petites entreprises, la réponse par voie électronique est une vraie barrière. Pour nos vœux 2019, nous organiserons un événement uniquement pour nos partenaires. Pas seulement pour les chefs d’entreprise ayant décroché des marchés mais aussi pour ceux ayant montré un intérêt, retenus ou pas. Ce sera aussi l’occasion d’expliquer les projets d’investissements 2019.

Qu’attendez-vous des entreprises ?
J’attends le bon prix à la réponse au besoin. Et la réponse au besoin n’est pas forcément le prix le plus bas. Je l’ai surtout vu sur les marchés de prestations. Ce qui m’importe, c’est que le prix annoncé soit le prix tenu. Discuter le prix sur des aléas ne me plaît pas beaucoup, je ne suis pas très adepte des avenants. Et puis on s’engage depuis plusieurs mois sur un vrai challenge : améliorer la satisfaction des locataires. Donc la réactivité est aussi très importante.

Des pistes d’amélioration ?
Il faut que l’entreprise se dise que ce n’est pas parce qu’elle n’a pas obtenu un marché qu’elle n’en aura pas à l’avenir. A chaque offre, mon regard est renouvelé et sans a priori. S’il y a davantage d’entreprises qui soumissionnent, j’en serais très heureux. Il ne faut pas hésiter à innover, parfois sur des variantes, parfois sur des matériaux nouveaux, pour se donner le droit à l’expérimentation. C’est gagnant-gagnant pour nous et l’entreprise car on se démarque vis-à-vis de nos concurrents.