Camille Mourier et Germain Pluvinage, co-fondateurs de Bureau faceB à Lille. Crédit : Marikel Lahana

Camille Mourier et Germain Pluvinage, co-fondateurs de Bureau faceB à Lille. Crédit : Marikel Lahana

Interview : Camille Mourier, architecte, bureau Face B à Lille

Qu’est-ce qui caractérise votre travail ?
Au sein du Bureau Face B, co-fondé avec Germain Pluvinage au sortir de nos études, nous avons une culture de l’inattendu. Remporter un concours d’idée pour 18 000 m2 de bureaux à 23 ans nous a rapidement confronté à un très gros chantier. Donc les nouveaux sujets ne nous font pas peur et nous aimons travailler sur des typologies de bâtiment nouvelles. Avec deux grands centres d’intérêt que sont la structure et la matérialité.

Comment avez-vous travaillé avec les entreprises pour le projet de la salle de sport de Calais ?
Ce projet, livré en 2017, représentait un vrai défi pour toutes les équipes. Les entreprises s’y sont vraiment challengées. Il faut dire que l’ensemble des éléments, le gros oeuvre, la charpente et la façade sont interdépendants. Il y a donc eu un gros travail d’interface entre les entreprises, notamment le groupement Demathieu et Bard avec BC Métal Nord pour le gros-oeuvre-charpente et Roger Delattre pour la façade. Malgré le défi technique que représentait une structure tendue sans poteaux, elles ont joué le jeu et travaillé ensemble pour créer un assemblage assez fin. Dans cette salle, il y a très peu de second oeuvre. La structure crée l’ambiance, d’où la nécessité d’une bonne exécution. Tout cela met donc en valeur le travail des entreprises, qui construisaient presque un ouvrage d’art. Des entreprises locales avec des gens hyper-investis sur un projet atypique. Donc, quand on gagne l’équerre d’argent, c’est aussi celle des entreprises et de la maîtrise d’ouvrage.

Votre travail se distingue par des formes complexes. Quel a été l’apport des entreprises ?
A Calais par exemple, nous avions laissé la possibilité de variantes sur les gradins. Sur le chantier, nous avons finalement appliqué un autre système constructif que celui pensé initialement. L’entreprise a apporté son savoir-faire. De fait, on s’adresse donc parfois à un certain type de sociétés, promptes à répondre à des moutons à 5 pattes.

Concrètement, qu’attendez-vous d’elles ?
D’adhérer aux ambitions du projet et de bien comprendre le sujet. Et vice-versa. C’est aussi important pour nous de bien saisir ses méthodes pour adapter le travail. Enfin peut-être le savoir-être sur le chantier. Cela représente un moment de vie parfois long, se dire les choses directement, sans filtres mais toujours cordialement est essentiel.
* Catégorie Culture, Jeunesse et Sport