A Loos, à côté de l’abbaye qui accueillera la structure d’accompagnement vers la sortie, un tout nouveau centre de détention sera construit d’ici 2022.

A Loos, à côté de l’abbaye qui accueillera la structure d’accompagnement vers la sortie, un tout nouveau centre de détention sera construit d’ici 2022.

Immobilier : l’Etat engage 4 opérations majeures

Cité administrative, prison, tribunal et rectorat. L’Etat investit dans quatre opérations emblématiques au coeur de la métropole lilloise. D’ici 2023, il y consacrera quelque 450 millions d’euros. 

 

C’est un lieu lillois iconique. La Cité administrative, IGH achevé en 1965 ne verra bientôt plus de contribuable perdu dans son dédale de couloirs et de petits bureaux cloisonnés. En déplacement à Lille, Gérald Darmanin, ministre de l’Action et des Comptes publics, a officiellement lancé la construction de la “cité administrative du XXIè siècle”. L’Etat implantera son nouveau navire amiral boulevard de Strasbourg, à quelques encablures de la Porte des Postes, espérée comme futur hub de la mobilité métropolitaine. Au terme d’un investissement d’un peu moins de 150 millions d’euros, l’opération sise au “Barnum des Postes” permettra l’amélioration de l’accueil des citoyens mais également des conditions de travail des 1 900 agents qui y seront regroupés. «L’Etat employeur» veut ainsi renforcer son attractivité. Des services mutualisés comme la restauration et une crèche y participeront. Si l’élaboration de la programmation doit s’achever au second semestre, l’on sait d’ores et déjà qu’il s’agira d’un ensemble immobilier de 34 800 m2 modulaire et adaptable pour coller aux derniers standards en matière de bureaux. Le jury doit désigner le maître d’oeuvre d’ici fin 2020 pour un dépôt de permis espéré début 2021 et une livraison à horizon 2022. Enfin, la nouvelle cité administrative devra répondre à des objectifs énergétiques ambitieux et atteindre une économie de 77% par rapport à aujourd’hui. On ne connaît pas encore l’avenir de la tour actuelle mais “on a pas mal d’idées”, s’est réjouit Martine Aubry, maire de Lille. Nul doute que ce symbole lillois et son emplacement ne manqueront pas d’attirer les convoitises.
Parallèlement, la Cité administrative d’Amiens bénéficiera du vaste programme de modernisation du patrimoine de l’Etat. Cette dernière verra le jour au sein de la ZAC « Gare la Vallée » et regroupera d’ici 2022 un millier d’agents aujourd’hui disperé. Soit un investissement de 75 millions d’euros.

Bouygues décroche la prison

Du côté du patrimoine pénitentiaire, on en sait un peu plus sur le projet du centre de détention de Loos. L’abbaye du XVIIIè siècle bénéficiera d’une cure de jouvence pour accueillir une structure d’accompagnement vers la sortie d’environ 120 places. Sur ce site historique sera surtout construit un tout nouveau centre de détention. Sa surface de 20 000 m2 capable de recevoir 720 détenus le fait entrer dans la catégorie des plus grands. De type “sûreté adapté”, c’est à dire sans mirador ni filin anti-hélicoptère, il prendra forme sous le dessin des architectes de l’agence Reichen et Robert. Une conception-réalisation-aménagement réalisée par Bouygues Bâtiment avec Colas et Egis. Trente mois de travaux et un investissement de 150 millions d’euros seront nécessaires pour livrer ce nouveau haut lieu de la pénitentiaire au troisième trimestre 2022.

Un palais pour La justice

Mais avant de passer par la case prison, il faudra en premier lieu visiter les nouveaux locaux du palais de justice. Le permis de construire de l’opération attribuée à l’architecte Rem Koolhaas associé à l’agence lilloise Saison-Menu devrait être déposé avant l’été pour une consultation des entreprises en fin d’année. Les entreprises seront donc bientôt à la manoeuvre pour ériger cet édifice de 16 400 m2 utiles, quasi circulaire, composé de neufs grandes salles d’audience et d’une soixantaine de taille plus modeste. Construit à horizon 2023 à la croisée de Lille et de La Madeleine, il accueillera près de 500 personnes à l’issue d’un investissement de l’Etat de 100 millions d’euros dont 70 pour les travaux. Une construction dont l’urgence n’est plus un mystère en raison de l’état de vétusté du tribunal du Peuple-Belge. L’édifice à l’architecture contestée, propriété du Département du Nord, doit lui aussi subir de sérieux travaux de mise en normes. Certainement à la charge de son futur acquéreur encore inconnu.

Bientôt le rectorat

Sa livraison ne saurait tarder. Le nouveau rectorat, porte de Valenciennes à Lille, concentrera 900 agents actuellement dispersés sur 7 sites de l’agglomération. L’Etat a consenti une enveloppe de 55 millions d’euros, dont 36 pour cette construction. Là encore, il en allait de la sécurité du personnel, le rectorat historique de la rue Saint Jacques à Lille connaissant des réserves sécuritaires. Le bâtiment dit “Pailleron” et ses neufs étages devra être désamianté puis déconstruit. Par crainte des squatteurs et des risques en matière de sécurité attenants, l’édile de Lille souhaite engager cette tâche dès le déménagement des occupants vers leurs nouveaux bureaux de la Porte de Valenciennes.