Les Coteaux à Hazebrouck. L'opération portée par Partenord Habitat comptera 11 logements individuels et 31 logements collectifs. Le groupe Edouard Denis en assure la construction.

Les Coteaux à Hazebrouck. L'opération portée par Partenord Habitat comptera 11 logements individuels et 31 logements collectifs. Le groupe Edouard Denis en assure la construction.

Logement neuf : Le logement social sur un fil…

Les bailleurs sociaux ont vu leurs marges de manoeuvre réduites par de récentes décisions du gouvernement. Et ils ne savent pas bien où cela va les mener…

 

«Le nombre de logements sociaux financés a diminué de  3,6 % en 2018»,  Sylvie Ruin, directrice de l’Union régionale pour l’habitat.
«Le nombre de logements sociaux financés a diminué de
3,6 % en 2018»,
Sylvie Ruin, directrice de l’Union régionale pour l’habitat.

Les mesures gouvernementales concernant le logement social, notamment la Réduction de loyer de solidarité (RLS), ont déjà un impact sur la production neuve, assure Sylvie Ruin, directrice de l’Union régionale HLM : «Le nombre de logements sociaux financés a diminué de 3,6 % en 2018». Manière de faire taire ceux qui suggèrent que les bailleurs ont pleuré avant d’avoir mal… Les chutes les plus lourdes ont eu lieu dans le Pas-de-Calais et les trois départements picards ; le Nord a mieux encaissé. Les grandes villes en général, et la métropole lilloise en particulier, ont gardé des niveaux de production stables. «La fracture territoriale que nous redoutions se matérialise», en déduit la représentante du secteur.
Dans l’ancien bassin minier, Maisons et cités affiche une baisse de chiffre d’affaires de 8 %. «Nous allons encore mettre en chantier mille logements. Puis nous diviserons ce nombre par deux. Compte tenu des ventes et des démolitions que nous effectuons, ces cinq cents logements annuels ne suffiront pas à renouveler notre patrimoine», grince Dominique Soyer, directeur général. Au sud du Nord, les SA d’HLM Promocil et l’Avesnoise portent à leur terme des dossiers engagés pour la plupart à la demande de collectivités, rapporte Patrick Chopin, directeur général délégué des deux sociétés. Même préoccupation chez Lille-Métropole Habitat (LMH). «Mais par précaution, nous avons privilégié les opérations en maîtrise d’ouvrage directe, au détriment aux achats en VEFA auprès de la promotion privée», indique la directrice Amélie Debrabandère.

Encore plus de ponctions ?

En fait, les organismes de logement social sont sur le fil du rasoir. Le mur qui se profile devant eux, c’est le prolongement en 2020 et au-delà des réductions obligatoires de loyer devant neutraliser la baisse des APL. Les trois bailleurs cités ici comptent un nombre important de locataires «APLisés» ; ils peuvent donc perdre beaucoup de ressources. «Et par voie de conséquence, les architectes et les entreprises du BTP aussi», glisse Patrick Chopin. Des négociations sur ce point sont en cours entre les autorités du logement social et le gouvernement. Pour sa part, LMH a aussi sollicité un soutien financier substantiel de la Métropole européenne de Lille. Il devrait permettre à l’office public d’assumer ses obligations relatives au nouveau programme de rénovation urbaine. «Nous pourrions maintenir sur dix ans un rythme annuel de production de 300 logements, dont la moitié en reconstruction de l’offre démolie», précise Amélie Debrabandère. En même temps, le bailleur maîtrisera au maximum ses coûts et pratiquera de nouvelles formes de production de foncier et de bâti.
En toile de fond, la demande de logement social augmente régulièrement depuis cinq ans ; quelque 179 000 dossiers étaient en attente fin 2018 dans notre région, dont un petit tiers dans l’aire lilloise. «Le gouvernement nous fixe des objectifs de production toujours plus élevés alors que nous avons moins de moyens. Le décalage entre les besoins, traduits dans les politiques des agglomérations, et les réalisations risque de s’accentuer», estime la directrice de l’Union régionale HLM.

 

 

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