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Nacim Ihaddadene travaille sur de nouvelles technologies pour piloter la maison et faciliter le maintien à domicile.

Dossier : L’âge d’or des résidences séniors

Chaque année, une centaine de résidences séniors se construisent en France. L’image de ces habitats collectifs, destinées aux personnes autonomes mais fragiles, change peu à peu. Y compris chez les promoteurs.

 

Impensable il y a dix ans ! Béthune, Douai, Lille, Mons-en-Baroeul… Dans les Hauts-de-France,
une petite dizaine de résidences séniors sont sorties de terre ces deux dernières années. Autrefois circonscrites aux côtes méditerranéennes et atlantiques, ces logements destinés aux 75-80 ans dans lesquels sont proposés des services collectifs (restauration, sorties, animations…) se démocratisent. Le phénomène a plusieurs explications. A commencer bien sûr par l’entrée des baby-boomers dans le 3ème âge. Choyée par les 30 Glorieuses, cette génération, capable de débourser 1500 € de loyer mensuel, affronte l’éclatement post-soixante-huitard de la cellule familiale. Rares sont les familles qui gardent à la maison les grands-parents, voire les arrières grands parents, comme c’est encore le cas dans les pays méditerranéens. On vit de plus en plus vieux, de plus en plus seul. D’où l’attrait de ces résidences, au sein desquels les activités facultatives font souvent le plein. A l’image du déjeuner « à la cantine », activité centrale de la journée.

L’évolution des résidences séniors

Xavier Tachene,  directeur du développement  immobilier géré de Nacarat.
Xavier Tachene,
directeur du développement
immobilier géré de Nacarat.

En France, les résidences seniors accueillent 0,5% des plus de 75 ans. Contre 5% dans les pays anglo-saxons. Un écart qui se réduit d’année en année. « On a longtemps vues nos résidences comme des réserves d’indiens pour vieux riches. En réalité, elles accueillent beaucoup de fonctionnaires, de commerçants…» relate François Georges, président du SNRA (Syndicat National des résidences services pour les aînés), par ailleurs patron des Jardins d’Arcadie – l’un des opérateurs historiques du secteur au côté de Domitys, les Villages d’or, les Senioriales ou La Girandière – « on sort peu à peu du discours « on va tout faire pour que vous restiez chez vous avant d’aller en Ehpad »». Les promoteurs aussi révisent leur jugement. En raison des parties communes, le rendement d’une résidence sénior intéressait moins: moins de m2 habitables = moins de m2 vendable. L’opportunité de prendre position dans certains territoires et de répondre à de jolis appels d’offres a changé la donne. En attendant un adoubement de l’Etat ? « Les opérateurs privés ont toutes les compétences pour gérer le social dans leur résidence » juge Xavier Tachene, directeur chez Nacarat de l’immobilier géré : hôtellerie, résidences services, Ehpad… (10 à 20% de leur chiffre d’affaires). A l’Etat de surmonter sa méfiance à déléguer le social au privé et à adapter sa législation en conséquence. Ce jour-là où l’image des ghettos pour vieux riches aura alors (presque) tout à fait disparu.

Une “Smart home” pour innover

Comment vivrons-nous demain dans nos logements ? Une partie des pistes est expérimentée à Lille. “A Euratechnologies, la smart home se focalise sur les nouvelles technologies pour faciliter la vie et le maintien à domicile des personnes âgées, explique Nacim Ihaddadene. A la tête de l’équipe Intelligence Ambiante d’Yncréa (La Catho), l’enseignant-chercheur mène ce projet pluridisciplinaire pour avant tout former les futurs ingénieurs, puis accompagner les entreprises. Concrètement, il travaille sur la prévention grâce à l’installation de capteurs capables de mesurer l’activité (température, bruit, luminosité, consommation d’énergie) ou encore sur l’intelligence artificielle “pour centraliser les infos et relayer des comportements anormaux”. Autre sujet d’étude, “l’interface entre l’homme et la maison : reconnaissances vocale, gestuelle, et tactile permettent de piloter son habitation facilement. Le tout sans oublier le corollaire éthique. Essentiel quand on sait que le déploiement des objets connectés et autres robots-compagnons pour assister nos vies d’aînés, tel que le projet régional Cutii, se développent à vitesse grand V.

 

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