Chantier de l'entreprise Jade

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Dossier : L’Afrique, nouvel eldorado pour le BTP

Le chiffre suscite tous les fantasmes. Et les convoitises. En 2050, le continent africain comptera 2,5 milliards d’habitants. Deux fois plus qu’aujourd’hui ! Des milliers d’écoles, d’hôpitaux, de logements à bâtir. Des terrains à viabiliser, à alimenter en eau et en électricité. À Madagascar, pour désengorger la capitale, on prévoit la construction d’une cité de 1000 hectares – Tanamasoandro – où seront délocalisés les ministères et les ambassades. Au Sénégal, la ville nouvelle de Diamniadio à 30 kilomètres de Dakar sort de terre. « Il faut que les PME viennent. Il y a plein de choses à faire ! », tonne Dominique Leroy, responsable de l’Afrique Business Club de Lille. Désolé de voir que seules les majors osent l’aventure africaine, ce rapporteur d’affaires vantent les « petits marchés » des 54 pays de l’Afrique, « parfaitement adaptés aux PME ».  Avec selon lui, Sénégal, Gabon et Madagascar comme podium des contrés où il fait bon investir.
Une langue commune, une législation calquée sur celle de la France, des ingénieurs ayant souvent étudié en France… « Il faut se tourner vers le Maghreb et l’Afrique de l’Ouest. Ils sont très demandeurs », assure Amélie Boufime-Jonckheere, conseillère internationale Team France Export à la CCI Hauts-de-France, « dans le secteur du bâtiment vous trouverez toujours un archi ou un bureau d’études français prêt à vous épauler ».
Au pôle Médée, cluster régional visant à structurer la filière génie électrique pour mieux exporter en Afrique, on liste les opportunités : RTE (Réseau de Transport d’Electricité) Engie Africa, EDF Pulse Africa, l’ADEME avec le SER (syndicat des énergies renouvelables)… « Tous les grands groupes font des appels à projets pour financer des démonstrateurs », assure Anaïs Asselin chargé de mission « Energie pour l’Afrique ».
Qu’attendent alors les entrepreneurs pour franchir la Méditerranée ? La crainte de ne pas être payé en refroidit beaucoup. Il existe pourtant des garde-fous : l’Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires (OHADA) qui sécurise les investissements étrangers. Ou les assureurs-crédits tels la Coface, Atradius ou Euler Hermès qui garantissent les paiements. « L’Afrique, c’est un copié-collé de la France des années 1950. S’ils ont des défauts, ce sont les nôtres », relativise Dominique Leroy. Un mille-feuille administratif, des processus de décision pyramidale, beaucoup de réseautage, un peu de corruption… Mais rien qui n’empêche in fine de faire des affaires. Concernant les délais de paiement, les entrepreneurs vantent même la droiture des Africains en la matière. Sauf peut-être quand il s’agit de commandes publiques. Un copié-collé de la France, on vous dit. 

 

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