Domitille Decottegnie

Domitille Decottegnie

Domitille Decottegnie, Mandataire FFB Carsat

Epouse de Christophe Decottegnie, président-directeur de l’entreprise générale de bâtiment éponyme basée à Bondues, Domitille est également en charge des ressources humaines. Elle s’est aussi engagée il y a deux ans à représenter la FFB au sein de la Caisse d’Assurance Retraite et de la Santé au Travail (Carsat) Nord Picardie.

Pourquoi et comment est venu votre engagement en tant que mandataire?
Chez Decottegnie, je gère tout ce qui concerne les salariés : les RH, la formation, le bien-être au travail et la prévention sécurité. Je fais également partie du groupe des femmes à la FFB 5962 et je participe aussi à leurs réunions Qualité-Sécurité-Environnement (QSE) toutes les six semaines. C’est donc tout naturellement qu’il y a deux ans, la FFB 5962 s’est tournée vers moi pour assurer le relai PME-FFB-Carsat. Les majors sont souvent sollicitées au détriment des PME. Pour une fois qu’on nous offre la possibilité de participer à cet échange, je me devais d’y aller. Concrètement, ce mandat me prend une matinée par trimestre et une réunion plénière annuelle.

Sur quels sujets travaillez-vous ?
Organisme de Sécurité sociale, la Carsat a en charge d’assurer la retraite et de protéger la santé des salariés. Or, auprès des chefs d’entreprises, elle traine encore cette image négative de contrôleur et collecteur d’argent. Je démontre à mes confrères qu’elle n’est pas uniquement dans la sanction mais aussi dans la bienveillance. Elle propose des moyens financiers ou encore des ateliers pour mettre en place des plans d’action pour assurer la sécurité des salariés.

Quels sont les problèmes relevés?
Pour établir ses plans d’action, la Carsat se base sur des statistiques nationales. Il y a la prévention amiante, la chute de hauteur…mais depuis quelques années, les risques psycho-sociaux sont apparus. Le stress dû aux plannings chargés, des mauvaises conditions de travail, de la pression du donneur d’ordre, des facteurs polluants… Il n’y a pas assez de recul sur tout cela. Il faudrait être plus à l’écoute et anticiper les besoins. Il faudrait également qu’une cohésion soit mise en place entre PME et majors pour partager nos expériences en termes de sécurité, ces dernières étant bien plus en avancent dans ce domaine.

Quelles solutions, quelles aides apportez vous?
Avec ses Hommes toujours à l’écoute et sur le terrain, la Carsat a réalisé une très belle évolution en une dizaine d’année. Avant on ne parlait pas de prévention et de sécurité. Il faut désormais faire rentrer cette culture de la prévention auprès du chef d’entreprise et l’installer durablement.
Par exemple, les dirigeants de PME ne sont pas au courant des aides Financières Simplifiées (AFS) mises en place pour les moins de 50 salariés. Ils peuvent encore solliciter un contrôleur pour venir assurer toute les démarches prévention sécurité chez eux.

Personnellement que vous apporte cet engagement?
Je le fais sans rien attendre en retour. Le bien-être de l’homme est un investissement de tous les jours. Chez Decottegnie, nous avons mis en application tout ce que j’ai appris lors de mon mandat. Nous avons dû revoir toutes nos formations (montage et démontage d’échafaudages, chute de hauteur, port du harnais). On a changé tout notre matériel pour limiter les TMS. Même si cela représente un investissement conséquent au départ, l’entreprise y gagne avec moins d’accidents de travail et d’arrêts maladie.

Quelles qualités doit avoir un mandataire?
Etre à l’écoute, avoir une ouverture d’esprit. Il faut aller à tâtons avec les entrepreneurs et être conscient que tout le monde n’a pas le même centre d’intérêt, ni les mêmes moyens financiers. Certains dirigeants ne voient pas ce besoin de prévention auprès de leurs salariés et ne comprennent pas pourquoi la Carsat fait fermer le chantier! Les jeunes sont plutôt en demande, avec un langage plus positif que les anciens.