etude

Démographie : l’artisanat se développe moins dans le nord

Artisan des champs vs artisans des villes. Et si nous n’avions que des idées reçues sur l’artisanat ? L’étude menée par l’Institut Supérieur des Métiers publiée en mars 2019 est riche d’enseignements en la matière. 

 

Une chose est sûre : “le tissu artisanal est mobile et tend à suivre l’évolution démographique des territoires”. Le phénomène de métropolisation actuel traduit donc le recul des artisans dans les campagnes. S’il est acquis que la densité d’artisan est plus élevé dans le sud de la France, on apprend notamment que les Hauts-de-France affiche la densité la plus faible de l’Hexagone (121 entreprises artisanales pour 10 000 habitants). Cela s’explique par l’histoire de la région où lorsque le tissu industriel est dense, celui de l’artisanat est moins développé. Et c’est justement à Dunkerque, terre d’industries s’il en est, que l’on compte le moins d’artisans. Plus précisément dans le secteur du BTP, “la zone d’emploi de Dunkerque présente à nouveau le taux le plus faible avec 31 entreprises pour 10 000 habitants».
Poussons le curseur du côté des métiers. Si le travail du bois, de la démolition et des matériaux de construction se situent respectivement à 44%, 41% et 34% en secteur rural, les artisans en maçonnerie (35%), d’installation électrique et de plomberie (39%) de travaux de finition (37%) ou encore de construction (48%) privilégient les banlieues des grandes villes. Le reste étant diffu entre les centres-villes et les campagnes.

Le BTP sureprésenté dans les QPV

Parmi l’ensemble des secteurs d’activités étudiés, les artisans du Bâtiment et des Travaux Publics sont les plus représentés dans les Quartiers prioritaires de la ville (QPV). Au palmarès on retrouve la maçonnerie générale, les travaux de peinture, la construction de maisons individuelles, les travaux d’installation électrique puis de plâtrerie, suivie de ceux de revêtement de sols et des murs.
Quelle que soit la taille des communes, l’Institut Supérieur des Métiers constate que “l’artisanat du BTP et l’artisanat de fabrication ont été les plus affectés par la crise”. Le recul de l’emploi salarié y est vérifié surtout en zone rurale. Sur la période 2012-2015, l’emploi dans les entreprises artisanales a reculé de 8 % dans les communes rurales, de 7 % dans les villes isolées et les villes-centres et seulement de 3 % dans les communes périphériques des villes-centres.