Cédric Bouillaut, directeur du pôle immobilier du département du Pas-de-Calais

Qu’attendent des entreprises les maîtres d’ouvrage ? Chaque mois, La Chronique leur donne la parole.

 

Quel est le volume d’investissement du Département ?
Pour le BTP, nous investissons en moyenne 150 millions d’euros par an, dont 60 millions pour le Bâtiment et 80 millions pour la voirie. Sans compter les quelque 25 millions d’euros consacrés à l’entretien-maintenance de notre patrimoine.

On sait que le Département s’attache à faire travailler le tissu local. Comment y parvenez-vous ?
Dans le cadre des marchés publics, nous travaillons beaucoup sur l’allotissement. L’objectif est de définir des tailles de lots les plus appropriées pour obtenir la réponse la plus pertinente. Sur les grandes opérations, nous comptons entre 8 et 12 lots en moyenne. Nous travaillons aussi sur la pondération en réduisant par exemple le critère prix à 60% de la note, voire à 50% pour certains corps d’état. Nous veillons, via le développement des marchés simplifiés, à rendre nos marchés plus accessibles aux PME locales.
Vu le poids de l’investissement du Département dans l’économie locale, nous sommes aussi vigilants à ne pas déstructurer la concurrence.

Une exemple de travail partenarial fructueux ?
Nous expérimentons les marchés publics globaux de performance sur 8 bâtiments tertiaires. C’est nouveau pour nous. La relation avec l’entreprise est différente puisque pour la première fois, on met autour de la table le maître d’ouvrage, le concepteur, le constructeur et le mainteneur. On fera le bilan ensuite. Nous attachons également de l’importance à la formation. On teste la formation intégrée au travail (FIT) sur le chantier de la caserne des pompiers à Arras. L’idée est de faire monter en compétence les compagnons de notre territoire sur la question de l’étanchéité à l’air. C’est gagnant-gagnant pour tout le monde.

Qu’attendez-vous des entreprises ?
De manière générale, de la qualité et une attention à la performance énergétique. Nous sommes exigeants puisqu’en neuf, nous visons le label Effinergie + voire Bepos et BBC Rénovation pour les réhabilitations. Il ne faut pas oublier que nous raisonnons en coût global, avec une attention particulière sur les coûts de fonctionnement. Sur la passation des marchés, je rappelle que le deuxième critère est la valeur technique et environnementale. J’attends donc dans le mémoire technique de voir comment l’entreprise appréhende son intervention sur le chantier, ça peut vraiment faire la différence même à prix plus élevé. Enfin, lors de l’exécution, j’attends qualité de mise en oeuvre et qualité relationnelle, tant avec le maître d’ouvrage qu’avec l’usager.