Xavier Bertrand lors d'une réunion de mobilisation des élus autour du canal Seine Nord à Péronne © M Lachant/Région Hauts-de-France

Xavier Bertrand lors d'une réunion de mobilisation des élus autour du canal Seine Nord à Péronne © M Lachant/Région Hauts-de-France

Canal Seine nord « pharaonique » : l’inquiétude de Xavier Bertrand

Dix ans après sa reconnaissance d’utilité publique, le canal Seine Nord continue d’inquiéter les élus qui n’en voient toujours pas le bout. Mercredi 29 mai dernier, Xavier Bertrand s’est insurgé contre les propos du ministre de l’écologie François de Rugy qui y voit un « projet pharaonique ». La veille, Elisabeth Borne, ministre des transports, confirmait pourtant l’engagement du gouvernement.

 

Pour Xavier Bertrand, l’hyperbole était de trop. Il n’a pas fallu bien longtemps pour qu’il dénonce « le dédain » sous-jacent dans les propos du Ministre de l’écologie. Dans la foulée, le président de la région Hauts-de-France a cosigné une lettre avec les présidents de conseils départementaux, concernés eux aussi par le financement et la construction du canal. Ils demandent à Emmanuel Macron une réunion et une clarification de la position de l’Etat dans le financement du projet afin de rompre « l’incertitude » . « La France et l’Europe ont besoin du Canal » plaident-ils en insistant sur les engagements pris par l’État et confirmés par un courrier du Premier Ministre le 2 octobre 2017.

Mais les financements manquent pour la construction de cette infrastructure ! Car si l’Union européenne a confirmé sa participation à hauteur de 42% pour la première phase des travaux, l’État français, lui, n’a toujours pas comblé le reste à charge de ce projet à 4,5 milliards. Malgré le compromis finalement trouvé entre le gouvernement et les régions Hauts-de-France et Île-de-France pour une « régionalisation » du projet, l’Etat doit toujours mettre un milliard au pot. 

Il n’en demeure pas moins que les appels d’offres ont été lancés début 2019, pour un démarrage des travaux à la fin du premier semestre 2020. L’inauguration pourrait intervenir en 2027-2028, soit dix ans après ce qui était prévu initialement.