Quasiment livrée, la Cité des électriciens, construite entre 1855 et 1861, fera partie des cinq sites historiques du bassin minier, librement visitable. Seul un bâtiment est neuf : le centre d’interprétation de l’habitat minier, premier prix Architendance 2016 avec ces tuiles Aléonard Emaillées Rubis.

Quasiment livrée, la Cité des électriciens, construite entre 1855 et 1861, fera partie des cinq sites historiques du bassin minier, librement visitable. Seul un bâtiment est neuf : le centre d’interprétation de l’habitat minier, premier prix Architendance 2016 avec ces tuiles Aléonard Emaillées Rubis.

Bruay-la-Buissière : Retour vers le futur pour la Cité des électriciens

Sept ans après le début des travaux, l’une des plus vieilles cités du bassin minier se réveille. Bientôt des artistes, des visiteurs et même des familles viendront y habiter. Car la vocation est double : réaliser un site de mémoire mais aussi un lieu de vie.

Sur les façades, des badigeons rouge cerise et des ouvrants verts, entre les maisons des voyettes et des jardins potagers avec les légumes d’autrefois qui se faufilent. La Cité des électriciens de Bruay-la-Buissière – qui doit son nom aux allées Franklin, Volta, Marconi… – ne ressemble plus à la séquence du film Bienvenue chez les Ch’tis, un ensemble de baraquements délabrés, mais bel et bien à un lieu de vie accueillant. « Il y a 150 ans, la cité où vivaient les familles de mineurs ressemblait bien à ça », affirme Eric Deleval, adjoint à la culture. Loin du cliché Germinal.

Cité-elec-avant_BDConstruit entre 1855 et 1861, cet ensemble de 43 maisons étendues sur une surface de 1,5 hectare, constitue l’un des derniers sites les plus anciens et préservés du bassin minier. Pas question de le laisser se dégrader et avec lui son histoire et son mode de vie. Le classement au patrimoine de l’Unesco a été l’issue pour la communauté d’agglomération Béthune-Bruay, Artois Lys Romane qui a pu prendre en main le sauvetage d’une trentaine de maisons dès 2013 – et de convaincre Maisons & Cités de réhabiliter 12 maisons qui lui appartenaient.

 

Une réhabilitation contrainte

Plan représentant la rénovation de la Cité (En saumon, les bâtiments rénovés : centre d’interprétation, résidences d’artiste,  gîtes et chaufferie. En rouge : les bâtiments créés. Crédit Photo : Atelier d'Architecture Philippe Prost.
Plan représentant la rénovation de la Cité (En saumon, les bâtiments rénovés : centre d’interprétation, résidences d’artiste, gîtes et chaufferie. En rouge : les bâtiments créés. Crédit Photo : Atelier d’Architecture Philippe Prost.

La mission, partie accueil du public, a été remportée par l’Atelier d’architecture Philippe Prost avec un projet original : « imbriquer différents bâtiments où touristes et résidents pourraient se croiser. Un lieu de vie et non pas un lieu de conservation coupé du monde », explique l’architecte qui a dû tout de même marcher sur des oeufs. « La cité était vraiment dégradée… à commencer par les sous-sols qu’il a fallu combler. Puis tout a été curé…, explique Isabelle Mauchin, directrice du site. En respectant les contraintes propres au classement Unesco ».

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Résultat ? En regroupant les logements 2 à 2, le cabinet a imaginé 3 résidences d’artistes, 4 gîtes de 2 à 8 personnes avec sauna, lieux de restauration, etc. dans les carins attenant aux habitations – autrefois utilisés comme buanderies ou clapiers –

A l’intérieur, l’aménagement y est en bois avec un choix de tapisseries années 70 « pour faire écho aux éléments retrouvés, de couleur vive, qui personnalisaient chaque habitation », sourit-elle. Et pour apporter un gain de luminosité intérieure, Philippe Prost a également été autorisé à réaliser des trouées de type moucharabieh.

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Enfin, une extension du centre d’interprétation conservant des écorchés et des traces de construction passées : papiers peints ou encore tommettes a été réalisée dans un barreau de logements.

Seul élément neuf : un bâtiment de 400 m2 rutilant constitue l’élément de rappel de la cité et le centre d’interprétation de l’habitat minier.

 

 

Les défis du Bas carbone et du patrimoine

Cité-elec-Vue-Rehab_BD« Un énorme travail sur la récupération a également été entrepris. L’ensemble des maçonneries et la moitié des caves voûtées sont d’origine. De la démolition, certaines briques et tuiles ainsi que des éléments de charpente ont été réutilisés… Et pour l’isolation, nous avons utilisé le matériau Métisse, fabriqué par le Relais », détaille Lucas Monsaingeon, chef de projet pour le cabinet Philippe Prost.

Autre défi pour la cité ? Les objectifs environnementaux. Appuyée notamment par le bureau d’étude Verdi Ingénierie et Technicity, elle a tenu son pari, récompensée par un prix Bas carbone 2014 EDF. Les bâtiments sont étiquetés BBC. L’ensemble est doté d’un chauffage collectif enterré : une pompe à chaleur air/eau. Quant à la ventilation double flux, les calories de l’air vicié sont elles aussi récupérées. « Grâce à la dimension du projet, nous avons même travailler sur l’effacement du réseau électrique de la cité aux heures de pointe avec EDF, poursuit-il, en chauffant en heures creuses et en stockant l’énergie ».

Les visiteurs commencent à s’approprier les espaces publics,… et une question leur brûle les lèvres : quand l’ensemble ouvrira-t-il ? Pour l’instant : statu quo.

>>> La fiche

Coût : 17 M€ TTC (dont 30 % à charge de l’agglo et des contributions de l’Etat, de l’Europe, de la Région, du Département, de la fédération départementale de l’énergie.)

Maître d’ouvrage : Communauté d’agglomération Béthune-Bruay, Artois Lys Romane

Architectes : Atelier d’architecture Philippe Prost

BE : Verdi Ingénierie, Technicity

Signalétique : DU&MA, Atelier Viilar+Vera

Entreprises : Apinord-Ramery, Pinson, Eiffage énergie, Valbois, Fargeot Lamellé Collé, IDP, Houot, BSM, Carré, Loison, Bouillon, SNH, Forr, CRI, Hornois Hocq, Eiffage Energie, Coexia, Boscher

Superficie : 1,5 hectare pour la cité, 5 hectares en adjoignant les parkings.