Aperçu du côté de la Halle qui accueillera le lieu de vie et la partie événementiel, ainsi que les espaces de travail nomades, et de travail partagé (bureaux et coworking).

Aperçu du côté de la Halle qui accueillera le lieu de vie et la partie événementiel, ainsi que les espaces de travail nomades, et de travail partagé (bureaux et coworking).

A Lille, le Bazaar St-So en pleine mutation

A Lille, sur la friche Saint-Sauveur, le chantier du Bazaar Saint-So est en marche depuis novembre 2018. La première partie de la halle B, l’atelier, commence à prendre forme alors que le premier appel à candidature pour les prochains résidents des lieux vient d’être lancé.
 

Le Bazaar St-So est l’un des projets-phares du nouveau quartier lillois. Pensé comme le hub de l’économie créative, il est mené par le duo composé de la coopérative SMart et du cluster Initiatives et Cités. L’ambition est grande autour de ce projet. Il s’inscrit dans la dynamique de Lille 2020 Capitale Mondiale du Design. Pour ce faire, le bâtiment de 5000 m2, jadis gare de marchandises, symbole de l’essor de l’économie industrielle et du passage à la modernité de Lille, garde son béton. “Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme”, visite dans les coulisses du chantier.

Réhabiliter et révéler 

La mission des architectes et urbanistes de l’agence Béal & Blanckaert est de “révéler le lieu”, en le réhabilitant. Ainsi, les voûtes, les différences de niveau, les quais et les rails seront conservés. “Nous tenions à avoir une attitude pédagogique auprès des utilisateurs. Le but est de replacer le bâtiment dans son histoire tout en offrant la possibilité d’en repenser les usages”, explique Nathan Gourcerol, l’un des architectes du projet. Seul ajout : des blocs supplémentaires de béton intégrés après la percée qui coupe la halle en deux espaces distincts. En somme, ils s’apparentent à une casquette et permettront tout à la fois de protéger les passants de la pluie ou du soleil. L’idée de ce débord était aussi de lier visuellement les deux parties du bâtiment, maintenant traversées par une voie piétonne.

En amont de l’ouverture, dans le prolongement de l’équipement culturel, l’Atelier de 800 m2 est maintenant fermé par de grandes baies vitrées. Les cloisons des premiers boxes ont été mises en place ainsi que les premières infrastructures d’aération. En aval de la saignée, les lieux de vie et d’événementiel (835 m2), ainsi que les espaces de travail (2300 m2 pour les bureaux et ensembles de coworking et 245 m2 pour les espace de travail nomades et gratuits) ont été ouverts sur l’extérieur. Actuellement, les ouvriers placent les fenêtre sur le toit. La prochaine étape devrait être celle des menuiseries. 

Tous les autres matériaux ajoutés sont biosourcés, et le bois à la part belle puisqu’il délimitera les espaces : planchers, mezzanines, doublages de cloison… Il inscrit une démarche éco-responsable, que viendront compléter d’autres équipements : puits canadien, panneaux photovoltaïques et récupérateurs d’eau pluviale pour les sanitaires. Le bâtiment devrait ainsi être autonome à 45%.   

Mais jouer avec la structure de béton existante n’est pas sans difficultés. Principale complexité ? Le béton a bougé ! “C’est simple, plus rien n’est droit”, plaisante l’un des architectes. Une difficulté qui a cependant son impact : elle pose des problèmes pour le perçage du béton et l’assemblage des menuiseries en bois. Mais que les 26 ouvriers qui travaillent sur le chantier savent palier. D’ailleurs, ils seront le double en septembre, pour une livraison en janvier 2020. 

S’inscrire dans le quartier 

Le projet architectural vise à inscrire la halle dans le futur quartier. À cet effet, il se présente comme une vitrine : la façade sud s’ouvre sur la nouvelle place urbaine grâce à de nombreuses baies vitrées. La percée a elle-même été imaginée dans l’optique de retisser le lien entre les différentes zones du quartier. Conçu pour les créateurs et les « résidents-travailleurs », il vise aussi à inclure les habitants du quartiers et les étudiants des écoles alentours. Une dynamique qui devrait se traduire dès l’année prochaine, date de l’inauguration. 

 

Aperçu en photos :