Olivier Hébert (photo) a repris avec Michel Diethmann l’entreprise VM Deligny en 2016. Ils la rebaptisent ensuite ARKAL : AR pour ARchitecture, AL pour métAL et K pour la poutre treillis symbole de la charpente métallique.

Olivier Hébert (photo) a repris avec Michel Diethmann l’entreprise VM Deligny en 2016. Ils la rebaptisent ensuite ARKAL : AR pour ARchitecture, AL pour métAL et K pour la poutre treillis symbole de la charpente métallique.

Arkal : son savoir-faire en acier séduit jusqu’en Afrique

Depuis son rachat en 2016, Arkal, fabricant de charpentes métalliques poursuit son extension avec des chantiers d’envergure comme celui de Dassault à Seclin ou celui de constructions de gares lagunaires en Côte d’Ivoire.

56 mètres de long, 4,5 mètres de haut, 170 tonnes. Des dimensions gigantesques pour une poutre jamais produite jusqu’alors par les ateliers d’Arkal, spécialiste de la fabrication et de la pose de structures métalliques basée à Le Parcq près d’Hesdin. Cette commande a rejoint en juin dernier l’actuel chantier d’extension de l’usine Dassault à Seclin qui bat actuellement son plein. «C’est une fierté pour l’entreprise de participer à ce chantier hors normes, explique Olivier Hébert, co-dirigeant d’Arkal avec Michel Diethmann. Il a fallu des grues de 250 tonnes pour soulever cette poutre. Tout y est démesuré, certains boulons pèsent 8 kilos! Nous utiliserons au total près de 1 800 tonnes d’acier rien que pour ce chantier qui doit s’achever en novembre prochain». Une belle opération qui devrait porter le chiffre d’affaires d’Arkal à un peu plus de 10 millions d’euros en fin d’année.

En juin dernier, il a fallu des grues de 250 tonnes pour lever la poutre de 170 tonnes, 56 mètres de long et 4,5 mètres de haut sur le site Dassault de Seclin.
En juin dernier, il a fallu des grues de 250 tonnes pour lever la poutre de 170 tonnes, 56 mètres de long et 4,5 mètres de haut sur le site Dassault de Seclin.

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Salariés repreneurs

C’est que Arkal revient de loin. En 2015, Olivier Hébert intègre l’entreprise en tant que directeur financier. Elle est alors connue sous le nom de VM Deligny. Gérés à distance depuis presque une vingtaine d’année par le groupe belge Van Maerke, les comptes de l’entreprise sont au plus bas. Le jeune comptable décèle alors le pot aux roses :
«En arrivant dans l’entreprise, avec Michel Diethmann, déjà directeur du site de production à l’époque, nous avons tiré sur un petit fil qui dépassait et nous avons découvert plus d’un million d’euros de détournement de matériel! Nous avons du mettre à la porte un groupe de salariés fraudeurs». L’actionnaire belge propose alors à Olivier Hébert et Michel Diethmann de racheter la société. La transaction s’effectue en septembre 2016, accompagnée financièrement par Finorpa.

Nouveau départ, nouvelle image

Le duo décide alors de redorer l’image de l’entreprise ternie par son passé. Tout d’abord en misant sur la communication en changeant de nom. VM Deligny devient ARKAL : «AR pour ARchitecture, AL pour métAL et K pour la poutre treillis en K symbole de la charpente métallique. Puis ils invitent leurs potentiels clients à visiter leurs ateliers. «Notre carte de visite? C’est notre site de production. Les futurs investisseurs sont souvent bluffés quand ils s’apercoivent qu’on peut «envoyer du lourd» au fin fond du Pas-de-Calais. Une visite se solde souvent par une commande. » s’amuse le jeune dirigeant de 36 ans. En mars 2017, Arkal investit également 400 000 euros dans une ligne de perçage fraisage. La nouvelle machine coupe et perce en 4 minutes sur 3 axes en même temps au lieu de 2 heures à la main. «Notre force de frappe? C’est notre capacité de production en un temps limité qui peut faire la différence avec la concurrence étrangère qui reste nettement moins chère mais qui propose une qualité low cost».

Un développement à l’international

Bientôt les poutres métalliques d’Arkal devraient s’envoler vers la Côte d’Ivoire, plus exactement à Abidjan où les deux co-dirigeants accompagnés par Business France et la Banque Publique d’Investissement, devraient construire une dizaine de gares lagunaires. Des bâtiments de 1 000 m² permettant d’accueillir des centaines de passagers souhaitant passer d’une rive à une autre. «Nous produirons les éléments ici en atelier, prêts à monter, puis nos partenaires ivoiriens installeront le tout sur place. Un peu à la manière d’un jeu de Lego!»

Made in France

Bien que son activité ait encore l’image d’une industrie sale et polluante, Olivier Hébert mise sur l’environnement. «Beaucoup oublient que l’acier est un matériau 100% recyclable. Nos chutes sont reprises par Artois Métaux à Saint-Laurent Blangy puis refondues pour en faire de la nouvelle matière». Et pour appuyer son engagement dans la préservation de l’environnement et le made in France, Arkal vient de lancer des bennes à déchets d’une contenance allant de 5 à 7 m3 produites exclusivement dans ses ateliers. L’entreprise mise également sur la construction d’usines de méthanisation. Un marché à conquérir qui devrait aller crescendo.

Repères
10 millions de CA en 2018 (prévision)
64 salariés
Siège : 5 hectares dont 2 couverts
Zone d’activité : Nord de Paris, Belgique,
Côte d’Ivoire
2 500 tonnes d’acier par an
Clients : 50% industriels ( Dassault, Bombardier, Pasquier, Nestlé…), 20% marchés publics, 15% de privés (Rabot Dutilleul, Sogea), le reste concerne l’activité de métallerie d’art et de tôlerie.