maisons dans les mines (1)

Ancien bassin minier : Le Cd2e livre ses recommandations pour une « vraie » réhabilitation

Victor FERREIRA, Directeur Général du Cd2e © A. Tarral

Dans l’entreprise de renouveau du pays noir, il joue un peu le rôle d’éminence grise. Le centre de développement des éco-entreprises (Cd2E), basé à Loos-en-Gohelle, est à la fois un organisme de recherche, de formation et de conseil, notamment en matière de rénovation énergétique. 

Avec les instances représentatives du Bâtiment, à partir de 2014, il a conduit le projet Réhafutur, qui visait à pousser le plus loin possible les performances thermiques d’une habitation minière. Une phase 2 est aujourd’hui en cours, sur trois ensembles de deux maisons, de types constructifs différents, mis à disposition par Maisons et Cités. Il s’agit cette fois de faire concorder techniques de réhabilitation et capacités financières des opérateurs. Sont testés plusieurs écomatériaux mais aussi plusieurs organisations possibles des travaux. Les enseignements de ces chantiers seront connus au début de l’année prochaine. «La rénovation massive qui s’ouvre sera en quelque sorte la phase 3 de Réhafutur», avance Victor Ferreira, directeur du Cd2e.

Norme française ou européenne ?

Encore faut-il surmonter quelques contradictions. Les acteurs professionnels doivent monter en qualification, certes, mais les maîtres d’ouvrage de leur côté doivent reconnaître ces efforts et inscrire ces nouvelles compétences dans leurs appels d’offres, estime le dirigeant. Le centre de Loos-en-Gohelle est aussi en croisade pour une mesure sérieuse et fiable des résultats des réhabilitations. «Le système actuel de classement par étiquettes est flou et ne rend pas compte de la réalité des performances des bâtiments». Des locaux censés consommer 150 kwh/m2/an peuvent en dévorer le double, sans que le propriétaire s’en préoccupe et sans que l’occupant en ait vraiment connaissance…
La méthode que l’on utilise en France pour calculer l’effet des rénovations (TH-C-E ex) est trop peu exigeante, poursuit le représentant du Cd2E ; les opérations devraient se baser sur la norme européenne sur les bâtiments passifs (PHPP). Les travaux d’isolation intégreraient alors le traitement des ponts thermiques et l’étanchéité à l’air, avec des obligations de contrôle avant livraison. En outre, les chantiers devront être préparés collectivement et soigneusement phasés, pour éviter embouteillages techniques, retours en arrière et dépenses inutiles. Si ces prescriptions sont observées, on peut diminuer la consommation d’un logement par quatre à coûts maîtrisés, assure Victor Ferreira. «Et les entreprises formées, outillées, structurées gagneront de l’argent sur les marchés à venir».

Au charbon ! Qui fait quoi…

• La délégation interministérielle bassin minier : composée de 8 fonctionnaires (moitié d’Etat, moitié de collectivités), coordonne les différents projets relevant de l’engagement.

• Pôles métropolitains (de l’Artois, d’Artois-Douaisis, du Hainaut-Cambrésis) : établissements publics de coordination des politiques de développement et d’aménagement des agglomérations.

• Intercommunalités impliquées : agglomérations de Béthune-Bruay-Artois Lys Romane, Lens-Liévin, Hénin-Carvin, Valenciennes-Métropole, La Porte du Hainaut, du Douaisis, et communautés de communes Cœur d’Ostrevent et Osartis Marquion (251 communes au total).

• Euralens : association d’animation territoriale réunissant les acteurs locaux de la partie du bassin située dans le Pas-de-Calais.

La mission bassin minier : a porté la candidature Bassin minier Unesco, contribue à la déclinaison opérationnelle de l’ERBM dans les cités.

L’agence d’urbanisme de l’Artois (AULA) : outil d’ingénierie territoriale, participe à ce niveau à la déclinaison de l’ERBM.

Maisons et Cités, SIA Habitat : bailleurs concernés par la rénovation thermique de logements.

 

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